22/06/2015

https://unchainedsouls.wordpress.com/

Voilà le blog aussi tortueux que joyeux, d'une personne qui me tient tout particulièrement à cœur et dont les écrits pourraient intéresser  plus d'un d'entre vous!

https://unchainedsouls.wordpress.com/

Vous pouvez également retrouver certains de ses textes sur le site officiel de l'Association Plumes Genevoises!

http://plumesgenevoises.com/

Enjoy!

29/11/2014

Wildstar - Folklore - La sagesse de Vieille-Racine

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On peut planter un arbre près de l'eau, mais pas forcer ses racines à absorber de l'eau et des nutriments. Cela se fera naturellement.

Un mensonge peut recouvrir toute une planète alors que la vérité tente de s'enraciner.

Je ne me préoccupe guère de l'avenir, car mes racines sont profondément ancrées dans le sol du passé.

Une racine qui pousse peut briser un rocher là où un marteau en serait incapable. La première n'a besoin que de patience Le second, de force.

Les arbres vont toujours vers le haut, à la rencontre du soleil et des étoiles. Les créatures qui marches sur le sol vont dans toutes les directions, en avant, en arrière, vers le haut comme vers le bas. Je ne prétends pas que les premiers valent mieux que les seconds, mais les arbres vivent bien plus longtemps que les animaux qui marchent.

Je ne suis pas le seul de mon espèce à avoir des pensées profondes. Il faut seulement écouter plus attentivement pour entendre les autres.

Autrefois, je pensais qu'il n'existait aucune crise suffisamment grave pour justifier une action irréfléchie. J'en suis aujourd'hui convaincu. On a toujours le temps de réfléchir.

Pour l'insecte, un arbre représente l'univers. Pour l'univers, même l'arbre est un insecte.

La sagesse de vieille-racine, aurin, wildstar, planète, nexus, exilés, dominion, mmorpg, citation, texte, folklore, arbre, racine

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Source image: http://www.wildstar-echoes.com/forums/fans/1101

09/09/2014

Jorge Luis Borges - hommage à Genève

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De toutes les villes du monde,

De toutes les patries intimes

Qu'un homme cherche à mériter

Au cours de ses voyages,

Genève me semble

La plus propice

Au bonheur.

 

Jorge Luis Borges

Vieille-Ville de Genève

 

Source image: By Me

28/02/2014

Grande performance « Il Terzo Paradiso » sur la plaine de plainpalais le 21 mars 2014 organisée par le Centre d’Art Contemporain

Grande performance « Il Terzo Paradiso » sur la plaine de plainpalais le 21 mars 2014 organisée par le Centre d’Art Contemporain, CAC, performance, il terzo paradiso, le troisième paradis, plainpalais, plaine, étudiant, Voilà un évènement qu'il ne pas manquer à Genève dans le mois à venir! Le 21 mars se déroulera une énorme performance avec la participation de 500 étudiants Genevois, ainsi que celle du Centre de Formation Professionnelle Arts Appliqués, Institut Florimont, Ecole Moser, Ecole Internationale de Genève, Association Plumes Genevoises et Association Ekphrasis des étudiants en Histoire de l’art à l’Université de Genève., 21, mars, 2014, 21 mars, centre d'art contemporain de genève, genève, GE, igor rodrigues ramos, igor, rodrigues, ramos, tdg, blog, tribune de genève, texte,  Voilà un évènement qu'il ne faudra pas manquer à Genève dans le mois à venir! Le 21 mars se déroulera une énorme performance avec la participation de 500 étudiants Genevois, ainsi que celle du Centre de Formation Professionnelle Arts Appliqués, Institut Florimont, Ecole Moser, Ecole Internationale de Genève, Association Plumes Genevoises et Association Ekphrasis des étudiants en Histoire de l’art à l’Université de Genève.

VOici un extrait du texte de présentation présent sur le site du CAC et de Plumes Genevoises:

"En 1984, le Centre consacre à Michelangelo Pistoletto (1933) une exposition personnelle et publie un catalogue de ses sculptures; l’année suivante, l’artiste prend part à l’exposition en plein air du Centre, Promenades.

En 2014, Michelangelo Pistoletto revient au Centre, dans le cadre d’une collaboration entre Città dell’arte – Fondazione Pistoletto et l’ONU pour l’évènement «Forest for Fashion», avec une performance sur la Plaine de Plainpalais intitulée «Il Terzo Paradiso», qui implique 500 jeunes étudiants sous la direction artistique de la chorégraphe genevoise Prisca Harsch (Cie Quivala).

«Il Terzo Paradiso» est le symbole créé par l’artiste pour promouvoir un nouvel équilibre de la planète. A partir du signe de l’infini, dont le premier cercle symbolise le paradis de la nature et le deuxième celui du monde artificiel de l’homme, aujourd’hui en déséquilibre, l’artiste introduit un troisième cercle, «Il Terzo Paradiso», pour rétablir l’équilibre perdu entre le monde de la nature et le monde de l’artifice. La performance sur la Plaine de Plainpalais reconstruit en mouvements chorégraphiques le symbole du «Terzo Paradiso»."

La suite en cliquant ici: http://plumesgenevoises.com/?p=6378

27/02/2014

Battle de B-boying 2VS2 à l’Undertown dans le cadre du festival Groove N Move

IMG_0110.JPGDans le cadre du Festival Groove N Move, l’art du B-boying nous a fait vibrer à l’Undertown de Meyrin. On peut affirmer sans se risquer que ce samedi 22 février, le public autant que les artistes ont pris beaucoup de plaisir à participer à cet évènement.

Le B-boying ou le breakdance est un art né dans les rue de New York City dans le courant des années 70′, bien que son origine soit très difficile à dater avec exactitude. Très caractérisé par son parti acrobatique et ses nombreuses figures au sol, cet art est notamment capable d’incorporer divers mouvements artistiques chorégraphiés.  La prouesse n’en est pas moins impressionnante du fait que le lieu où il est né est multiculturel dans la mesure où la ville abritait de nombreux migrants, avec chacun sa culture et par conséquent sa façon de danser.

L’ambiance était à son comble à l’Undertown, jeunes et plus vieux s’étant tous réunis dans la joie et la bonne humeur. Les danseurs nous ont offert un excellent spectacle, amateurs et pros ont ainsi pu profiter du moment. Il faut avouer que le niveau montait à mesure que la compétition avançais. Tony, le speaker de la soirée, a su garder les gens attentifs. Les Dj’s quant à eux ont également fais un bon boulot: des musiques variés, des mix originaux et une bonne humeur musicale. Tout était donc là pour que les gens passent un agréable moment, aucun ingrédient ne manquait!

Dans cette compétition, le jury composé de trois personnes qualifiées jugea des battles 2VS2. Quel était les divers critères pour juger les participants ? Leur talent, style et technique individuel ainsi qu’en équipe essentiellement. A la clé ? Une modeste somme symbolique de 600 francs. Les heureux gagnant furent le fameux duo de Tekken Crew. Bravo à eux mais aussi à tout les participants. Il faut noter que les choix furent rudes pour les juges et que parfois ils semblaient ne pas vouloir éliminer une équipe tout en voulant en faire gagner une autre.

En tout cas le bilan est plus que positif et on espère sincèrement qu’un tel évènement nous réunira à nouveau l’année prochaine!

Pour plus d’informations sur le sujet: http://groove-n-move.ch/programme/battle-de-break/

Et pour finir cet article en beauté, voici une vidéo qui vous laissera entrevoir la magie de ce spectacle à travers l’une des meilleures prestation; la finale :

http://www.youtube.com/watch?v=jHICdWa0BBY

 

grove n move

http://groove-n-move.ch/

25/02/2014

Journey : mes impressions

 

journey,jeu,thatgamecompagny,sony,flow,flower,voyage initiatique,voyage,jeux video,critique,analyse,poésie,igor,rodrigues,ramos,igor rodrigues ramos,tdg,tribune de genève,blog,2014,écriture,texte,impressions,la bouche bée ; c’est ainsi que mon faciès s’est trouvée un peu,digne d’une expérience unique et initiatique. journey. un jeu ma,le retard me suit.  que dire de ce soft ? il est difficile d’en,d’autant plus qu’il n’est pas explicite et nous invite à rentrer,journey est avant tout une expérience visuelle et sonore. thagam,ce qui les a intéressés probablement est le savant mélange d’ima,sautillant ici et là ? evidemment. c’est là une grande force du,enjoy !  http:www.youtube.comwatch?v=bkl94nksd2m,twitter,test,note,gameplay,onirique,muisique,visuelle,poésie visuelleLa bouche bée ; C’est ainsi que mon faciès s’est trouvée un peu plus d’une heure durant. Ce fut un voyage extraordinaire, digne d’une expérience unique et initiatique. Journey. Un jeu magique.

 Je n’ai pas pu m’empêcher d’écrire quelque ligne pour honorer ce jeu. J’ai essayé pourtant car je dois avouer que j’ai pas mal de textes à écrire en ce moment, le retard me suit.

Que dire de ce soft ? Il est difficile d’en parler objectivement, d’autant plus qu’il n’est pas explicite et nous invite à rentrer dans notre propre imagination. C’est une expérience non-propositionnelle car le héros ne parle point et personne ne lui parle. Pas avec des mots en tout cas. On nous raconte bel et bien une histoire mais c’est les images et la musique qui le font.

En effet, Journey est avant tout une expérience visuelle et sonore. Thagamecompagny (les créateurs relativement indépendants des non moins excellents Flow et Flower) nous offre ainsi une œuvre contemplative ancrée dans un monde poétique et onirique.

On remarque facilement que le gameplay n’est pas ce qui a été le plus mis en avant. Ce n’était pas la peine selon moi, ce qui les a intéressés probablement est le savant mélange d’images et de sons afin de toucher directement nos émotions. N’ai-je pas été troublé lorsque dans une tempête de neige je dû avancé inlassablement ? Bien sûr que oui. Ne me suis-je pas senti apaisé lorsque je divaguais joyeusement dans une étendue désertique, sautillant ici et là ? Evidemment. C’est là une grande force du jeu. Il est capable à travers les sensations et perceptions qu’il nous procure de ne toucher au plus profond de même.

Je m’arrête là sinon je risque de ne plus m’arrêter. Je ne serais moi-même pas étonné si dans les temps à venir j’écris quelques vers faisant référence au thème du voyage ou de la solitude. Merci Journey et merci Thatgamecompagny.

J’ai trouvé une vidéo sans commentaire qui vaut le coup d’œil sauf si vous n’y avez jamais joué et que vous désirez le faire. Si ce n’est pas le cas, enjoy !


 

Source image en cliquant ici-même.

24/02/2014

Sur le mensonge

 

 

 L’être humain, animal sociable par excellence, est généralement un individu solitaire dans la mesure où aucun autre être vivant ne peut sentir, penser ou vouloir à sa place, pour ne citer que ces actes. Si l’on est très triste, aucun autre que nous même ne pourra porter notre lourde peine. Pareil pour la joie ou tout autre sentiment personnel. Même délaissé par tous, il semblerait en effet qu’un être humain vivant, normalement constitué et raisonné soit apte à faire ces actes de l’esprit.

Ces actes de l’esprit, ou actes mentaux pour le dire autrement, nous sont évidemment propres et personne d’autre que nous n’y a directement accès. Pourtant, lorsqu’il s’agit de communiquer avec quelqu’un, nos  productions mentales subjectives ne sont plus suffisantes par elles-mêmes. En effet, personne ne peut rentrer dans notre cerveau de force ou de gré et savoir ce que l’on veut mieux que nous-même et ce que l’on désire exprimer. Ce n’est pas pour autant que l’on peut affirmer que l’on a accès consciemment à tous nos états mentaux, mais qui mieux que nous saura les exprimer ?

 Nous parlerons dès lors d’actes sociaux dans la mesure où ils ne peuvent point se réaliser personnellement et de façon solitaire. La présence de l’autre est obligatoire[1]pour qu’ils puissent se réaliser pleinement, c’est-à-dire, pour que leurs conditions de réalisations soient satisfaites.

Un acte social semble donc possible dans une société d’êtres raisonnés, intelligents  et pouvant se comprendre mutuellement les uns les autres[2]. J’ai beau savoir parler, je ne peux discuter avec un lampadaire. J’ai beau savoir parler portugais et français, je ne peux avoir une discussion à propos de la seconde guerre mondiale avec mon chien. Pareil avec un arbre ou tout autre végétale. Je ne peux pas jouer aux échecs avec un enfant de deux mois. Tout cela nous semblerait évidemment absurde.

Au moins deux notions sont notables et pertinentes lorsque l’on tente de comprendre la communication intentionnelle d’idées ou de sentiments entre deux êtres humains pouvant se comprendre: la notion de sincérité et celle de mensonge. Cet essai va se concentrer essentiellement sur celui du mensonge.

Le but principal de cet essai est triple : dans un premier temps je vais tenter de définir la nature du mensonge et de proposer une définition adaptée de mon cru. Voici la thèse que je vais soutenir : mentir, c’est affirmer non-P ou une proposition supposant non-P, alors que l’on pense P, tout en ayant la volonté de tromper consciemment un interlocuteur intelligent et raisonné, capable de nous comprendre. Par la suite, je tenterai d’analyser le lien entre le mensonge et les conditions de vérités d’une affirmation à partir de la définition proposée et d’exemples pertinents. Ensuite, je tenterai d’identifier s’il y a oui ou non une valeur morale du mensonge, à travers notamment le célèbre débat entre Kant et Benjamin Constant. 

 

Tentons dès lors d’avancer une définition du mensonge qui ne soit pas négative. La définition positive que je vais proposer pour le mensonge présuppose au moins deux acceptations.

 La première, est que le mensonge est à l’opposé de la sincérité. Un être humain peut mentir et être sincère selon les moments de sa vie bien sûr, mais pas exactement en même temps. Un mensonge ne peut pas être sincère. La sincérité ne peut également pas être mensongère. Soit l’on ment, soit l’on est sincère. On ne peut mentir et être sincère au même instant t.

La deuxième, est que l’on ne peut mentir qu’à autrui. L’acte de mentir est un acte social et conscient et l’on ne peut par conséquent pas se mentir à soi-même selon la définition qui va suivre. Cette dernière affirmation serait d’ailleurs très intéressante à étudier plus exhaustivement, notamment lorsque l’on pense à des cas de schizophrénie et de mythomanie. Malheureusement, ce n’est pas mon projet pour cet essai.

En acceptant ces deux prémisses, c’est-à-dire sans les remettre en question pour l’instant, comment peut-on définir distinctivement et justement le mensonge ? Voici ce que nous disait ce très cher Saint Augustin, fameux théologien chrétien d’origine berbère : «ment celui qui dit autre chose que ce qu’il a dans son âme, avec la volonté de tromper.[3] ». Il nous indique ici deux caractéristiques que l’on peut accepter pour le mensonge : la première, que l’on a déjà acceptée en d’autres termes, est qu’un mensonge est conscient car il faut avoir la volonté de tromper. On ne peut pas tromper quelqu’un inconsciemment, ce serait absurde. Il nous indique également que le mensonge est dans un rapport avec notre intériorité mental et ce que l’on exprime extérieurement. Cela nous indique peut être « où se trouve le mensonge » : entre ce que l’on pense et ce qu’on exprime aux autres.

Arrêtons-nous plus amplement sur la volonté de tromper autrui. Il semblerait que celui qui mente est le désir, la volonté, l’intention de tromper. En d’autres termes, celui qui ment à l’intention de mentir. Le concept d’intentionnalité est ici extrêmement important. Dès lors, peut-on vraiment parler de d’intention linguistique dans le cas qui nous intéresse ? Tout dépend de quel type d’intentionnalité on parle. Irène Rosier-Catach, linguiste et philosophe française, peut peut-être nous renseigner : « La première est l’intention, purement linguistique, d’utiliser les paroles dans leur sens ordinaire, donc de permettre à l’auditeur de reconstruire, sans présumer une quelconque possibilité de tromperie, l’intention à partir des paroles.[4] ». L’intention dont elle nous parle ici, ressemble étrangement à une intention linguistique dite sincère, au contraire d’une intention linguistique mensongère, si toutefois on peut parler dans ces termes.

A partir de ces affirmations fournies par Augustin et Rosier, et des deux premières prémisses acceptées, qu’est-ce qu’un mensonge ? Posons la question autrement : quelles sont les conditions nécessaires, et non suffisantes, pour qu’un mensonge se réalise pleinement, dans sa totalité? Voici ma réponse personnel et subjective à cette question : l’acte de mentir nécessite au moins trois conditions de réalisation.

 La première, est que le fait que pour mentir X doit affirmer que non-P ou une proposition qui suppose non-P alors qu’il pense P. La deuxième est que pour mentir il faut avoir la volonté de tromper et par conséquent être conscient de cela. La troisième, est que pour mentir à notre interlocuteur, il faut absolument que notre interlocuteur nous comprenne, car sans cela, on a beau essayé de mentir, notre mensonge n’atteint pas son but et par conséquent ne se réalise pas complètement. Il faut que ces trois conditions soient réunies, sinon un mensonge, selon moi, ne peut pas se réaliser.

Je définis ainsi l’acte de mentir grâce à ces trois conditions : mentir, c’est affirmer non-P ou une proposition supposant non-P, alors que l’on pense P, tout en ayant la volonté de tromper consciemment un interlocuteur intelligent et raisonné, capable de nous comprendre.

Je vais maintenant analyser et exemplifier le mensonge à travers une affirmation relativement banale pour expliquer plus en détail la première condition de réalisation d’un mensonge, à savoir affirmer non-P ou une proposition supposant non-P, alors que l’on pense P. Voici une affirmation spécifique, « Jésus est chez le maire ». Si Jean, être raisonné, affirme consciemment à Juda, être également raisonné et conscient, que « Jésus est chez le maire »(P) et que ce même Jean pense que « Jésus n’est pas chez lui », alors Jean a menti. Pourquoi ? Parce qu’il pense que non-P (« Jésus n’est pas chez le maire ») mais affirme à son ami Juda que P (« Jésus est chez le maire) 

Mais Jean, en pensant P, n’a pas besoin d’affirmer non-P pour être en train de mentir. En effet, il lui suffit d’affirmer une proposition qui présuppose non-P. Reprenons notre exemple : « Jésus est chez le maire » ( P). Jean pense que p (« Jésus est chez le maire ») mais affirme à Juda que « Jésus est chez le l’esthéticienne ». Ici aussi, Jean a menti, c’est indéniable. Pourtant, il n’a pas eu besoin d’affirmer non-P. Par contre, il a affirmé une proposition qui présuppose non-P. Effectivement, en disant que « Jésus est chez l’esthéticienne », il faut présupposer que « Jésus n’est pas chez le maire » puisque il est chez l’esthéticienne. Donc, dans cette situation Jean a également menti consciemment à Juda.

 

 

Etudions dès lors le lien possible entre l’acte de mentir et les conditions de vérités d’une affirmation, si toutefois il y en a un.

La question fondamentale à laquelle je vais tenter de répondre est celle-ci : l’acte de mentir influence-t-il les conditions de vérités d’une affirmation et/ou les conditions de vérités d’une affirmation influencent-t-elles l’acte de mentir ? Ou pour le dire encore autrement : les conditions de réalisations d’un mensonge influencent-elles les conditions de vérités d’une affirmation et/ou les conditions de vérité d’une affirmation influencent-elles les conditions de réalisation d’un mensonge ?

Le penseur Bonaventure quant à lui affirmait qu’il existe pour la parole une double vérité et fausseté, selon si on le rapporte à la chose ou à l’intention[5]. Vérace et fallacieux quand on le rapporte à l’intention, et faux et vrai quand on le rapporte cette fois à la chose. Il semblait donc complétement délier les deux. C’est une première voie viable.

Analysons alors une première hypothèse: le fait de mentir influence les conditions de vérité d’une proposition.

 Si c’est effectivement le cas, alors on peut déduire que l’intention de mentir ou pas  du locuteur est capable de rendre vrai ou fausse une proposition. Reprenons l’exemple du chapitre précédant : « Jésus est chez le maire »(P). Supposons que j’affirme que non-P, avec l’intention de tromper et en pensant que P. Est-ce que le fait que j’ai l’intention de tromper celui qui m’écoute consciemment et que je pense P, et que donc je suis en train de mentir, influence la vérité de cette proposition ? Il semblerait que non. Effectivement, ce qui rend la proposition « Jésus est chez le maire » vraie ce ne sont pas ces facteurs-là. Il semblerait plutôt que ce qui rend vrai « Jésus est chez le maire » ce sont l’état des choses actuel à ce propos. Pour simplifier, si Marie existe et qu’elle se trouve chez le maire au moment où moi-même j’affirme cela, alors la proposition est vraie. Si ce n’est pas le cas, alors l’affirmation est alors erronée, fausse. Dans cet exemple il n’y a aucune influence du mensonge sur les conditions de vérités.

Je ne vais point m’engager dans un grand débat à propos de qu’est ce qui rend vrai une proposition ou pas, ce n’est pas mon sujet principal et cela mériterai probablement au moins un livre tout entier. Mais on peut tout du moins affirmer que ce qui rend vrai une proposition ce n’est pas le fait que l’on soit sincère ou mensonger en l’affirmant. Vérifions cette dernière affirmation jusqu’à dans ses derniers retranchements.

Le mensonge ne semble point influencer les conditions de vérité d’une proposition en règle générale. Mais est-il possible de trouver des cas où le mensonge influence les conditions de vérité ? A première vue on serait tenté de répondre catégoriquement  que non au vu de l’exemple précédant. Pourtant, si j’affirme à quelqu’un qu’au moment où je lui parle « je suis sincère », est ce que la sincérité et le mensonge influence les conditions de vérité ? Ici, il semble que oui. Pourquoi ? Parce que ce qui rend vrai cette proposition, c’est-à-dire « je suis sincère en te parlant de x» c’est le fait que je mente ou qu’au contraire, je sois sincère. Effectivement, si je mens, la proposition est indéniablement fausse. Tandis que si je suis sincère la proposition est rendue vraie. Dans ces cas-là, plutôt rares à vrai dire, il semblerait que le mensonge influe directement sur les conditions de vérité, tout comme dans le paradoxe du menteur, que je n’aborderai pas dans cet essai. Une constatation similaire peut également être faite pour la sincérité. Cela reste néanmoins un cas limite, l’exception qui confirme la règle générale que l’on a établie.

Prenons la supposition inverse maintenant ; supposons que les conditions de vérité d’une affirmation influence les conditions de réalisation du mensonge. Si cela est le cas, alors la vérité et la fausseté d’une affirmation influence l’une des conditions de réalisation du mensonge. La condition qui risquerait d’être modifié, parmi les trois que j’ai proposés, serait clairement la première : affirmer non-P ou une proposition supposant non-P, alors que l’on pense P. Mais on remarque aisément que les conditions de vérités ne semblent pas influencer les conditions de réalisation. En effet, ce qui compte c’est ce que celui qui parle pense. Reprenons notre exemple : « Jésus est chez le maire »(P). Si Jean pense P et affirme non-P à Juda, on remarque que même s’il se trompe, c’est-à-dire qu’il pense P, mais en fait c’est non-P qui est vrai, alors Jean a tout de même menti, même si ce qu’il pense est faux. Nous pourrions développer d’autres exemples de ce type mais cela n’est pas nécessaire..

Maintenant que nous avons donné une définition du mensonge à travers ces conditions de réalisation et que nous avons montré que le fait de mentir n’influence pas les conditions de vérité, sauf dans de rares exceptions, je vais maintenant me poser la question suivante : peut-on accorder une valeur morale au mensonge ? Pour répondre à cette question, je vais présenter le fameux débat entre Kant et Benjamin Constant

 

 

Devrions-nous parfois mentir ? Est-t-il justifiable de mentir ? Le mensonge doit-il être toléré dans certains cas ? Existe-t-il un droit de mentir ? C’est le type de questionnements classiques de la philosophie morale sur le sujet qui nous intéresse. Plusieurs penseurs se sont penché sur ces questions mais une opposition philosophique entre deux d’entre eux est particulièrement connue: Constant contre Kant.

Voilà ce que nous dit Emmanuel Kant, honorable philosophe allemand, à propos du mensonge:

«  Accepterais-je bien avec satisfaction que ma maxime (de me tirer d'embarras par une fausse promesse) dût valoir comme une loi universelle (aussi bien pour moi que pour les autres) ? Et pourrais-je bien me dire : tout homme peut faire une fausse promesse quand il se trouve dans 1'embarras et qu'il n'a pas d'autre moyen d'en sortir? Je m'aperçois bientôt ainsi que si je peux bien vouloir le mensonge, je ne peux en aucune manière vouloir une loi universelle qui commanderait de mentir; ».

Selon celui-ci, ne pas mentir est tout simplement un principe et le mensonge ne doit en aucun cas devenir une loi universelle. Il imagine justement que le mensonge soit effectivement une loi universelle, c’est-à-dire que tous les gens capable de le pratiquer, le pratique à outrance. Dame sincérité est ici  complétement absente. Ce cas est bien évidemment extrême, bien qu’imaginable. Si tel était le cas, cela poserait divers problèmes, notamment sociétaux et personnels. Mais est-ce que Kant veut nous pousser à ne pas du tout mentir ? N’est-ce pas là une interprétation trop forte? Peut-être. Pourtant le philosophe allemand a d’ailleurs déjà été vivement critiqué parce qu’il affirmait qu’il ne fallait jamais, mais vraiment jamais, mentir[6]. Il est pour ainsi dire un anti-conséquencialiste dans la mesure où peu importe les conséquences de ne pas mentir, il faut suivre le principe coute que coute. C’est ce que Kant nomme l’impératif catégorique. Il suffit d’ailleurs d’imaginer un monde où toute personne consciente mentirait sans cesse. Dans ce cas-là personne ne croirait personne et la communication deviendrait bien plus compliquée puisque personne ne dirait vraiment ce qu’il pense. L’Homme n’exprimerait jamais ce qu’il pense vraiment.

Pourtant, dans la vie de tous les jours, nous remarquons qu’il semble difficile, voir presqu’impossible pour quiconque de ne jamais mentir. Evidemment on ne ment pas sans cesse, cela n’aurait pas de sens. Nous avons besoins d’être sincères. Non pas que cela soit totalement impossible, bien qu’à certains âges, les enfants ne sont même pas encore capable de mentir par exemple. Mais pour Kant, c’est un devoir de ne pas mentir, qu’importent les conséquences que cela entraine. Cela signifie que, par exemple, selon lui, durant la seconde guerre mondiale, ceux qui n’ont pas dénoncé les juifs, les homosexuels et autres personnes poursuivis par les nazis, n’ont pas accomplis leur devoir, car pour cela ils ont probablement dû mentir. En interprétant de manière forte l’impératif catégorique tout du moins.

Que nous dit sur le sujet l’écrivain et politicien contemporain de Kant, Benjamin Constant ? Il n’est pas aussi catégorique et extrême que lui. Si pour l’allemand il ne faut jamais mentir, pour Constant il y a des situations où, au contraire, l’ont peu mentir. Et plus particulièrement pour le bien d’autrui, si par exemple la vie de quelqu’un est en jeu. Selon Benjamin Constant, imposé aux gens de ne jamais mentir et en prenant cette idée dans l’absolu, alors la vie en société s’en retrouverait très influencé et deviendrait par la même occasion impossible. Pour lui, il ne faut pas oublier ce qu’il appelle les principes intermédiaires qui sont liés au fait de dire la vérité, et qui parfois, selon la situation, contextuellement parlant, certaines personne ne méritent pas qu’on leur dise la vérité. Voilà ce que nous dit Constant:

« Dire la vérité est un devoir. Qu'est-ce qu'un devoir ? L'idée de devoir est inséparable de celle de droits : un devoir est ce qui, dans un être, correspond aux droits d'un autre. Là où il n'y a pas de droits, il n'y a pas de devoirs. Dire la vérité n'est donc un devoir qu'envers ceux qui ont droit à la vérité. Or nul homme n'a droit à la vérité qui nuit à autrui. ».

Kant, prenant probablement conscience de cette argumentation, décide de contredire cette théorie qu’il trouve étrange, d’un soi-disant droit de mentir. Il entreprend donc de montrer à Constant et à ceux qui se pose la question, qu’il ne faut mentir dans aucune situation et ce peu importe la situation[7]. L’un de ses arguments principaux est que cela troublerait intrinsèquement le contrat social. Le contrat social, ou en tout cas un certain type de contrat social, repose sur la bonne foi, la confiance et sur la recherche de la vérité pour ainsi dire. Comment établir un contrat social si tous les contractants mentent ? Ou si une partie seulement ment ? Selon Kant, le mensonge ne sert à rien, il n’est pas positif, ne produit rien de bien, n’est pas efficace. Même dans le cas, proposé déjà par Constant, où des assassins viennent chez nous pour tuer un ami, nous n’avons pas le droit de mentir à ces assassins et il faut réponde à leurs questions en toute sincérité. Cela nous semble étrange et dans l’application, dans la réalité, il semble difficile voir impensable pour quiconque de vendre la vie de son ami à des assassins qui le poursuivent. C’est probablement pour ce genre de cas où l’impératif catégorique Kantien est clairement remis en doute. Même Kant avoue tout de même dans sa correspondance qu’il n’est pas nécessaire de dire toute la vérité. Il est ainsi moins catégorique et extrême. On pourrait croire que pour lui le mensonge par omission n’est pas valide. On peut par exemple imaginer un médecin qui ne veut pas dire toute la vérité à son patient pour son bien ou encore un mari qui trompe sa femme et qui ne lui avoue pas pour ne pas lui faire de mal. On peut imaginer bien des situations où tout ce que l’on pense n’est pas toujours bon à dire selon certains.  Bien sûr ce sont toujours des cas discutables et sujets à débats.

Passons maintenant à la conclusion de ce court essai.

 

 

Le mensonge s’inscrit donc dans des actes sociaux comme la communication orale avec autrui mais aussi dans le langage corporel. Je l’ai également noté, il faut que ça soit des êtres intelligibles et qui se comprennent qui le pratique, sinon il ne semble pas vraiment possible de mentir, ni même d’être sincère.

Soulignons un point important : les affirmations étant intrinsèquement faillibles dans leur capacité à dire ce qui est vrai et ce qui est faux, il nous reste uniquement le jugement sur la conformité des pensées et comment on les exprime[8]. Cela veut dire que l’on peut, même quand l’on a tort, choisir d’être sincère ou pas.

Que puis-je critiquer sur tous ce que j’ai affirmé ? Où sont les faiblesses de ma théorie ? Plusieurs points probablement, mais le plus important et contraignant est qu’une vision dichotomique de la sincérité et du mensonge est peut-être trop simpliste. Il y a-t-il plusieurs formes, degrés ou types de mensonge? Voilà qui n’est pas forcément absurde.

Nous pourrions engager plusieurs autres discussions et débats sans fin. Par exemple, peut-on réellement se mentir à soi-même comme beaucoup le prétendent sans peut-être vraiment y réfléchir ? Est-ce que l’omission peut être considérée comme une forme de mensonge ? Est-ce qu’une société où tout le monde est sincère avec tout le monde dans chaque situation est une société vivable et possible ? On pourrait se demander à partir de quel âge et pourquoi l’être humain commence-t-il à mentir. Ou encore, comme Rosier, nous pourrions nous demander la valeur effective de l’intention signifiante dans un mariage[9], ou encore se demander si l’intention influence le sens[10].

 Le débat, surtout au niveau moral et politique, reste par conséquent très largement ouvert.

 

 

 

 

Bibliographie :

1)    Thomas Reid, Œuvres complètes, trad. par Théodore Jouffroy , Paris,  2° édition A. Sautelet, 1828.

2)    I. Rosier, La parole comme acte. Sur la grammaire et la sémantique au
XIIIe siècle, Paris, Vrin, 1994

3)    Emmanuel Kant, opuscules relatifs à la morale, traduction par Jules Barni, Auguste Durand, 1855 (pp. 251-256).

4)    I. Rosier-Catach, La parole efficace. Signe, rituel, sacré, Paris,
Seuil, 2004

5)    Aristote, Catégories. Sur l'interprétation. (Organon I-II), éd. Flammarion, coll. « GF Philosophes », 2007, trad. et prés. par M. Crubellier, C. Dalimier et P. Pellegrin.

6)    Emmanuel Kant, Métaphysique des mœurs, II, trad. Alain Renaut, Paris, Flammarion, 1994.

7)    Sabine Plaud, Wittgenstein, éd. Ellipses, collection philo-philosophes, 2009.

8)    Wittgenstein, Recherches philosophiques (RP), tr.fr. F. Dastur, M.Elie, J.-L. Gautero, D. Janicaud, E. Rigal, Paris, Gallimard, 2004.

9)    Wittgenstein, Tractacus logico-philosophicus (TLP), tr.fr. G.-G. Granger, Paris, Gallimard, 1993.

 



[1] Thomas Reid, Œuvres complètes, trad. par Théodore Jouffroy , Paris,  2° édition A. Sautelet, 1828, p. 85.

[2] Thomas Reid, Œuvres complètes, trad. par Théodore Jouffroy , Paris,  2° édition A. Sautelet, 1828, p. 86.

[3] I. Rosier-Catach, La parole efficace. Signe, rituel, sacré, Paris,
Seuil, 2004, p. 299.

 

[4] I. Rosier-Catach, La parole efficace. Signe, rituel, sacré, Paris,
Seuil, 2004, p. 263.

 

[5] I. Rosier-Catach, La parole efficace. Signe, rituel, sacré, Paris,
Seuil, 2004, p.303.

 

[6] Emmanuel Kant, opuscules relatifs à la morale, traduction par Jules Barni, Auguste Durand, 1855, p. 251.

 

[7] Emmanuel Kant, opuscules relatifs à la morale, traduction par Jules Barni, Auguste Durand, 1855, p. 251.

[8] I. Rosier-Catach, La parole efficace. Signe, rituel, sacré, Paris,
Seuil, 2004, p. 300.

 

[9] I. Rosier-Catach, La parole efficace. Signe, rituel, sacré, Paris,
Seuil, 2004, p. .

 

[10] I. Rosier-Catach, La parole efficace. Signe, rituel, sacré, Paris,
Seuil, 2004, p. 293.

 

12:09 Écrit par Igor Rodrigues Ramos dans Parce que la philosophie soulage l'âme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |