08/10/2014

Gilles Deleuzes et le voyage

gilles deleuzes, philosophie, france, voyage, nomadisme, logique, théorie,.jpg

Un point de vu original deuleuzien sur le voyage, que lui, se considérant comme un intellectuel, n'apprécie pas vraiment.

Qu'est ce que le voyage?

Le voyage peut être une rupture par exemple. Pour lui, le nomade ne voyage pas, il s'accroche à la terre. En un sens, rien n'est plus immobile qu'un nomade. Selon lui,

Voyager, c'est aussi vérifier. Lorsque l'on rêve du monde, on a envie d'aller vérifier ce de quoi on rêve. Si on pense que tel éléphant est bleu, on a envie d'aller voir cela de nos propres yeux.

Et vous, que pensez-vous du voyage?

Retrouvez le reste l'abécédaire sur le net.


 

Source image: https://ipnagogicosentire.wordpress.com/category/painting/

17/06/2014

Brève présentation du fondationalisme

 

Chephren-Pyramide.jpgIntroduction

L’être humain est une espèce psychologiquement et physiquement complexe qui semble avoir un certain besoin de compréhension et plus particulièrement de compréhension de lui-même, du monde, de l’univers qui l’entoure. On ne peut s’empêcher de vouloir découvrir le monde qui nous entoure, à tel point que l’on est prêt à tenter d’aller dans l’espace afin de découvrir d’autres parties de notre univers.

Pour assouvir cette soif inépuisable de connaissance, l’être humain a à sa disposition plusieurs moyens, tant perceptifs que rationnels. Depuis longtemps déjà, les penseurs se sont questionnés sur les limites et la nature de notre connaissance, nombreux furent les débats et les théories au fil des siècles, et cela ne semble pas prêt de s’arrêter. L’épistémologie ou les théories de la connaissance en général est un domaine que l’on n’a pas entièrement exploré, un domaine où tant reste à découvrir.

Ce qui va m’intéresser dans ce petit essai est le débat, qui est loin d’être récent et loin d’être terminé, entre la position fondationnaliste et la position cohérentiste, et plus particulièrement le débat qui porte sur la structure de la justification épistémique. En effet, le problème de la justification de la connaissance et de nos croyances est un terrain de recherche important car la notion de justification a pris une place notoire dans certaines théories des conditions de la connaissance. Je vais essentiellement me concentrer sur la thèse dite fondationnaliste.

Le texte principal que je vais utiliser pour cette analyse est le maintenant célèbre texte « Le radeau et la pyramide » d’Ernest Sosa, un philosophe américain spécialisé tout particulièrement en théorie de la connaissance.

Dans cet article l’objectif de l’auteur est essentiellement de comprendre au mieux les raisons pour et contre chacune des approches ainsi que la nature de la controverse[1]. Je ne pourrai évidemment pas parler de tout ce qui concerne le fondationnalisme malheureusement, ni même pouvoir parler de l’article dans son entièreté.

Dans un premier temps, je vais présenter la thèse fondationnaliste générale et diverses variantes de celle-ci, ensuite je vais la critiquer d’un point de vue spécifiquement cohérentiste, qui est une position d’un point de vue épistémologique complètement différente et qui ne répond pas de la même façon aux problèmes épistémologiques. Par la suite, je vais défendre la position fondationnaliste contre les arguements anti-fondationnaliste d’un cohérentiste. Enfin, avant que vous découvriez la bibliographie, je terminerai par une conclusion qui fera office de synthèse.

Présentation du fondationnalisme

Pour que x sache que p, il faut qu'il croie que p, il faut que p soit vrai et que P soit justifié.

Malgré la question de savoir si ces trois conditions sont vraiment justes et suffisantes pour constituer une véritable connaissance, un savoir,  il est souvent admis qu'elles sont nécessaires[2]. La troisième condition est celle qui va nous emmener au problème classique de la régression épistémique et à la réponse proposée par le fondationnalisme et le cohérentisme et qui va diviser de nombreux penseurs.

Je vais maintenant présenter plus concrètement le fondationnalisme.

Qu’est-ce que le fondationnalisme ? Je vais surtout répondre à cette question de manière générale. En épistémologie, le fondationnalisme est la position philosophique selon laquelle nos croyances sont justifiées si  elles reposent elles-mêmes sur des croyances basiques qui sont par elles-mêmes évidentes ou justifiée[3]. Il faut absolument noter qu’il en existe plusieurs formes par conséquent il n’est pas facile d’en donner une définition général et inflexible.  Le fondationnalisme est probablement la solution la plus classique au souci posé par la régression épistémique et reste sûrement  l’une des plus populaire.

On distingue généralement au moins deux types de fondationnalisme : le premier, celui qui affirme que les croyances de base sont justifiées par des états ou encore par des événements mentaux, comme certaine expériences, qui ne sont pas elle-même des croyances ; Le deuxième, qui affirme pour lequel ces dites croyances ne sont pas de nature à être justifiées.

Cohérentisme et fondationnalisme sont compris comme deux options concernant la structure de la justification à un niveau profond. Selon le fondationnaliste, le savoir a la structure d’une pyramide pour ainsi dire et a ainsi une fondation qui soutient tous les autres étages, tandis que le cohérentiste comprend plutôt la connaissance comme une sorte de réseau.

 On peut ainsi  affirmer que tout fondationnaliste exigera ces trois au moins ces trois points-ci :

1) Des croyances qui sont justifiées par quelque chose d’autre que des croyances, comme par exemple l’intuition ou encore la perception.

2) Des croyances qui se justifient par elles-mêmes.

3) Des croyances qui ne nécessitent pas de justification.

Pour point de départ, je vais considérer le trilemme d’Agrippa, philosophe sceptique,  dit aussi le trilemme de Münchhausen, car en règle général il faut soutenir une affirmation / proposition par une justification ou par un argument. Le trilemme considère trois situations possibles qui posent problème à la possibilité de savoir :

1) la justification se stoppe aux affirmations qui ne sont pas elles-mêmes justifiées

2) la justification continue de manière infini

3) la justification devient circulaire, c’est-à-dire qu’elle s'appuie circulairement sur des affirmations qu'elle devait justifier.

Un fondationnaliste devrait logiquement parlant choisir la première branche citée : l’arrêt. Si l’on choisit cela, on affirme forcément que l’on doit être capable de trouver des croyances dites de bases capables de stopper une chaîne quelconque de raisons justificatives[5]. Un cohérentiste quant à lui ne ferait logiquement pas ce choix. Il choisirait évidemment la solution des boucles justificatives complexes. Il faut noter que ces deux approches sont foncièrement internalistes, c’est-à-dire que les la justification est relative aux informations que le sujet possède, par opposition aux approches dites externalistes où la justification n’est pas relative à un sujet mais établit généralement la vérité des propositions justifiées.

On peut ainsi avancer une théorie fondationnaliste internaliste :

1) Il existe des croyances basiques et justifiées qui ne reposent pas elle-même sur des justifications antérieures. Ces croyances-là sont pour un fondationnaliste évidentes par elle-même.

2) Une croyance est justifiées si et seulement si soit elle est une croyance basique, soit elle est reliée de manière inférentielle à des croyances basiques et justifiées.

3) Le sujet / la personne connaît les justifications.

Il faut noter tout de même qu’il y a diverses variations du fondationnalisme. Par exemple, on peut dire de Descartes qu’il est un fondationnaliste rationaliste[6]. Il y a aussi divers types de fondationnalistes empiristes. Les fondationnalistes vont également vont aussi différer sur la nature des croyances de base : une évidence, une expérience sensorielle, une perception, une intuition. Pour un empiriste comme Hume par exemple ce sont les expériences sensorielles, tandis que pour des cartésiens ce sont des principes abstraits qui seraient des sortes d’évidences.

Passons maintenant à une critique du fondationnalisme selon la position radicalement différente cohérentiste.

Critique d’un point de vue cohérentiste

Avant même de passer à une critique cohérentiste, quels sont les problèmes et autres difficultés notoires que l’on peut déceler dans le fondationnalisme ?

On remarque d’abord que l’une des difficultés majeures est que le fondationnalisme  nécessite des croyances qui ont une évidence intrinsèque et qui soient infaillibles afin de servir de croyances basique et fonder ainsi la connaissance.  Cela implique donc une conception spécifique de la justification : des croyances peuvent être isolées des autres, et soutenir à elles seules l’édifice de la connaissance. Seules certaines croyances avec un certain genre de contenu peuvent avoir un tel statut.

Qui peut prétendre à ce statut ? Un principe a priori, une expérience ou un principe d’inférence. On a tout du moins l’intuition qu’un principe a priori peut être faux, tout comme l’on peut être sous l’emprise d’une illusion lors d’une expérience visuelle.

Quant au principe d’inférence, même si la déduction est sensé préservé la vérité et être infaillible, ce n’est pas le cas de l’induction. Plusieurs questions se posent dès lors : comment une expérience peut-elle être une justification ? Une justification doit-elle être absolument propositionnelle ? Existe-il vraiment une infaillibilité justificative ?

Pourquoi les cohérentistes rejettent-ils l’approche fondationnaliste ? Généralement, on peut considérer qu’un cohérentiste rejette le fondationnaliste car il y décèle au moins un dilemme, que je vais présenter à l’aide du texte de Sosa. La stratégie cohérentiste consiste souvent  à mettre en évidence que le fondationnalisme n’est pas une option potable pour ainsi asseoir la validité de l’alternative cohérentiste. Les deux objections principales du cohérentiste sont qu’aucune croyance n’est vraiment fondamental dans la mesure où on peut légitimement demander une justification pour n’importe quelle croyance, et que même les meilleurs ensembles de croyances ne peuvent servir comme fondement approprié.

 Avant de proposer un argument anti-fondationnaliste, Sosa précise quil faut distinguer les états subjectifs qui incluent une attitude propositionnelle, à savoir la manière dont un sujet se comporte par rapport à une proposition, de ceux qui n’en incluent point[7]. Voici un argument anti-fondationnaliste, à deux lemmes et une conclusion principale[8] :

  1. 1) Un état mental (EM) incluant une attitude propositionnelle ne nous donne pas de contact direct avec la réalité.

2) Si un EM ne nous donne pas un contact direct avec la réalité, alors il n’est pas une garantie contre l’erreur.

3) Si un EM ne permet pas d’écarter l’erreur, alors il ne peut pas être un fondement pour notre connaissance.

4) Donc, si un EM n’inclut pas d’attitude propositionnelle, il ne peut être un fondement de notre connaissance.

  1. 1) Si un EM n’inclut pas d’attitude propositionnelle, alors le fait qu’il puisse soutenir une hypothèse reste un mystère.

2) Si un EM ne peut servir de soutient et n’a pas de contenu dit propositionnel, alors il ne peut pas non plus être fondement de notre connaissance.

3) Donc, si un EM n’a pas d’attitude propositionnelle, alors il n’est peut-être un fondement de notre connaissance.

 

  1. Tous les EM inclut une attitude propositionnelle ou pas.
  2. Donc, aucun EM ne peut être le fondement de notre connaissance.

On note l’insistance porté aux attitudes propositionnelles. On note également la tradition faillibiliste  refuse le fondationnalisme traditionnel en attanquant b1 et a3. On constate également que la justification et la vérité ne peuvent point être identifiées.

L’argument anti-fondationaliste se serait-il perdu ? Sosa propose que cet argument repose sur un modèle intellectualiste de justification, c’est-à-dire que les justifications des EM en général parasite certaines relations logiques entre les propositions[9].

Sosa avance même que cette critique du fondationalisme n’est pas pertinente pour plusieurs raisons[10]. Tout d’abord, il pense que l’on peut proposer le même modèle de réfutation argumentative, à savoir une autre forme dérivée du modèle anti-fondationaliste permettant de tourner contre le cohérentisme les mêmes effets. Il ajoute que le dilemme proposé est une attaque à la possibilité d’une épistémologie substantielle et que le même effet se retrouverait sur l’éthique normative avec un même modèle. A tel point, que Sosa en conclut même que le cohérentiste de ce genre irait trop loin, même pour le cohérentisme lui-même.

Voici une autre variante de cet argument anti-fondationnaliste :

P1 :      On ne peut sortir d’un cercle des croyances sans que le mythe du datum soit ainsi vrai.

P2 :      le mythe du datum  est bel et bien un mythe.

C1 :     On ne peut sortir du cercle des croyances.

P3 :      Si on ne peut sortir d’un cercle de croyances, alors le fondationnalisme est faux.

C2 :     le fondationnalisme est par conséquent faux, inadapté.

On remarque tout d’abord que P1 semble présupposer une forme d’internalisme, tandis qu’avec P2 on aura tendance à admettre difficilement que la perception humaine est non-doxastique.  Pour Bonjour par exemple,  seul ce qui a de la justification peut servir de justification. Par conséquent, ce qui peut vraiment justifier une croyance est de nature dite doxastique.  De plus, s’il faut des sortes de générateurs justificatif, il semblerait dès lors que P2 est peut-être moins crédible.

Il est temps maintenant de passer à la section défendant le fondationalisme contre ces détracteurs en discutant et critiquant divers points qui ont été mentionnés.

Défense du fondationnalisme

L’une des difficultés majeures pour le fondationnalisme est  bien sûr de pouvoir expliquer le statut des croyances basiques et comment ces croyances peuvent transmettre leur justification à d’autres croyances[11]. C’est même probablement les problèmes le plus épineux de cette position. En effet, comment savoir ce qui confère une immédiateté justificative à une proposition ou à une croyance ? C’est donc logiquement aussi là-dessus qu’un cohérentiste traditionnel va se concentrer et c’est bien évidemment sur cet angle que plusieurs attaques vont survenir.

Que peut-on critiquer de cette critique du fondationnalisme d’un point de vue cohérentiste ? Il y aurait probablement divers angles d’attaques et défensifs pour ainsi dire mais je vais me concentrer sur l’un d’entre eux spécifiquement.

Commençons par le mystère qui est mentionné au point b1.

Pourquoi doit-on accepter que dans tous les cas il faille que ce soit des attitudes propositionnelles qui soutiennent des EM de la même nature [12]? Dans son essai Sosa remarque qu’il semble possible de trouver des cas contraires, c’est-à-dire des cas qui nous révèlent une source justificative utile en tant que telle sans inclure aucune attitude propositionnelle. On peut alors rejeter logiquement parlant le point b1.

Si l’on remet en question la validité de b1 alors on peut légitimement remettre en doute la validité de a3[13]. En effet, si on trouve des exemples où il n’y a pas besoin d’attitude propositionnelle, alors un EM peut être non-propositionnel, non candidat à la vérité et à l’infaillibilité, mais pourtant être un fondement à notre connaissance.

Supposons tout de même que pour qu’un EM soit pertinent ici, il soit propositionnel. Si c’est le cas, doit-il absolument être infaillible [14]? C’est ce que Sosa se demande légitimement. Peut-être que parfois des croyances et/ou autres propositions dites justifiées ne sont pas vraies et même sans être vraies elles sont préférables à d’autres justifications. Pourquoi seraient-elles alors préférables à d’autres justifications ? Peut-être, tout simplement, parce qu’elles seraient plus convaincantes ou plus utiles.

Passons maintenant à la conclusion.

Conclusion

Le fondationnalisme est une approche qui n’est malheureusement pas dénuée de problèmes et autres difficultés, tout comme l’approche cohérentiste, comme j’ai pu le mettre en avant dans les sections précédentes. Toute deux proposent ainsi leurs solutions et leurs complications.

Ce très rapide survol des critiques au fondationnalisme peut clairement faire douter de l’importance épistémique de la fondation. Pourtant dans la vie de tous les jours, le sens commun semble nous montrer qu’il y a des croyances, différentielles ou pas, propositionnelles ou pas, qui nous servent intuitivement de fondement, dans la mesure où l’on ne va pas douter d’elles, bien qu’il soit possible de le faire.

Il y a des choses que l’on sent ne pas avoir besoin de douter comme par exemple du fait que je sois un être humain, vivant, que j’ai de la barbe, que je pense, que les pigeons existent, etc. Je dirais même, qu’il y a des choses dont on n’a même pas la capacité de douter comme par exemple du fait que j’existe : comment pourrais-je douter que j’existe ?

Lorsque Descartes doute de tout sauf du fait qu’il pense et que par conséquent, puisque il pense, il existe, cela nous semble relativement évident, on le comprend presque intuitivement. Son « Je pense donc je suis » si célèbre est au fondement de son système de connaissance. Alors bien sûr, toute forme de fondationnalisme n’est pas entièrement parfaite, tout comme la forme rationaliste carthésienne, mais tout n’est pas à jeter à la poubelle. Loin de là selon moi. L’être humain a probablement besoin d’avoir certaines certitudes afin de pouvoir avancer, tant individuellement que collectivement.

On est également en droit de se demander si ce débat terminera un jour. Peut-être qu’il n’ y a aucune raison parfaitement pertinente de préférer l’un ou l’autre. Au contraire, on peut même avoir l’impression que l’un ou l’autre est utile selon les cas et situations, et on peut même imaginer des positions intermédiaires ou tout simplement différentes tel l’infinitisme défendu par Peter Klein dans les années 1990, qui dit que la chaîne de justification ne s’arrête pas et continue ainsi à l’infini.

En effet, il me semble même que l’on est tous un peu fondationnaliste et un peu cohérentiste : autant nous avons des propositions de base, qui nous servent de fondations, que l’on ne remet jamais en doute, autant la cohérence n’est pas une notion que l’on néglige, tant appliquée à la fiction qu’à la réalité. Pourquoi devoir absolument choisir l’une des positions plutôt qu’une autre ? Par exemple, ne peut-on pas tout simplement être cohérentiste tout en ayant quelques propositions de base ? Demandé ainsi, et au vu de ce que j’ai présenté dans les sections précédentes, la question semble peut-être absurde…. Pourtant, je ne crois pas que l’absurdité soit toujours là où l’on croit qu’elle est.

Quoi qu’il en soit, ce débat, maintenant épique et fort intéressant semble avoir encore de longs et grands jours devant lui, tout simplement parce que il y aura probablement toujours des questionnements à propos de notre système de connaissance.

J’aimerais terminer cet essai par une petite série de questions :

A quoi bon tout connaitre ? A quoi bon avoir un moyen d’absolument tout connaitre ? La connaissance à une certaine utilité, on ne peut pas en douter, mais jusqu’à quel point ? Il y-a-t-il de la connaissance inutile ? Il y a-t-il de la certitude inutile ?

 

 


[1] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 143.

[2] Marc-André Lévesque, défense et illustration de l'infinitisme épistémique, Mémoire présenté à la Faculté des arts et des sciences en vue de l ʼ obtention du grade de Maîtrise en Philosophie, septembre 2012, p.7.

[3] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 146.

[4] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 147.

[5] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 144.

[6] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 145.

[7] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 149.

[8] Ibid

[9] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 152.

[10] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 152.

[11] Marc-André Lévesque, défense et illustration de l'infinitisme épistémique, Mémoire présenté à la Faculté des arts et des sciences en vue de l ʼ obtention du grade de Maîtrise en Philosophie, septembre 2012, p.15.

[12] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 150.

[13] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 151.

[14] Ernest Sosa, « Le radeau et la pyramide », dans Philosophie de la connaissance. Croyance, connaissance, justification, J. Dutant et P. Engel (éds.), Vrin, 2005, p. 151.

Source image: http://www.martinon-gerard.com/pyramides-de-gizeh.php

15/06/2014

Méditation sur le témoignage

source, savoir, connaissance, idée, croyance, épistémologie, épistémologiste, philosophie, transmission, confiance, garrantie, vérité , fausseté, sincère, mensonge, vrai, faux, discusion, penséeIl semblerait que le témoignage est une des sources principales de notre connaissance, tout comme la perception, la mémoire ou encore la raison en règle générale. En effet, peu de choses sont finalement connues de manière complètes et indépendantes, souvent nous sommes bien obligés de faire confiance à nos interlocuteurs.
Pourquoi n'en parle pas-t-on d'avantage alors?
Le témoignage permet aussi de supposer que le savoir porte en lui un aspect social relativement important, bien que traditionnellement en philosophie le savoir est plutôt conçu comme appartenant à l'individu : la philosophie manifeste ici un biais clairement individualiste de la connaissance. Notons tout de même que diverses épistémologies sociales ont été développés malgré cette individualité prononcée.
Peut-on réduire une source de la connaissance comme le témoignage à un savoir individuel, afin de sauver l'individualisme épistémique? Pour Hume par exemple, les croyances formées suite à des témoignages sont justifié si la croyance que nous avons formées suite à des témoignage reposent tout d'abord sur une espèce d'induction dite énumérative: j'ai observé plusieurs fois ce que le témoin m'a dit et j'en conclus qu'en règle générale je peux m'y fier.
 Le problème est de savoir à qui est-ce que je vais faire confiance et à propos de quoi!En effet, il semblerait qu'il  y a des témoins plus ou moins fiables pour parler d'un sujet particulier: pour parler par exemple de la reproduction des fouines, un biologiste, expert sur le sujet, est mieux placé à en parler que moi, qui  n'a de connaissances sur le sujet que via wikipédia. Notons que par habitude tout du moins, nous acceptons aisément que des opinions professionnelles, comme celles d'un expert en ophtalmologie, sur des questions dans leur domaine spécifique sont normalement considérés fiables. Si un médecin vous dit que vous êtes malade, vous remettez rarement son diagnostic en question. Pourquoi? Parce que vous n'êtes pas médecin, contrairement à celui qui vous diagnostique.
 Il y a donc une notion importance de confiance qui rentre en jeu. Il faut espérer que nos interlocuteurs ne se trompent pas, ou peu, tout en espérant aussi que ceux-ci sont sincères, qu'ils ne tentent pas de nous tromper. Il y a donc un problème de vérification permanent au sujet des témoignages de ce type.
On peut aussi se demander s'il est possible de ne pas réduire le témoignage à un savoir exclusivement individuel, sauf que pour cela il faudrait idéalement que la justification pour le savoir acquis par témoignage ne se base pas sur un autre témoignages.
La notion de cohérence peut être utile ici, tout en rejetant l'argument d'un roman cohérent. On peut affirmer qu'il ne semble pas possible que tous les témoignages soient tous faux: une partie et probablement une grande partie, est vraie. Pourrions nous de toute façon communiquer si tout ce que tout le monde dit est faux et mensonger? Je ne crois pas. On est obligé pour vivre en société, de parler souvent sincèrement, tout en cherchant la vérité. Rappelez vous que sincérité et vérité sont deux choses fondamentalement différentes. Un certain Donald Davidson affirme même que la compréhension d'un langage exige que la majorité des croyances d'un individu soient vraies.
On peut donc en conclure qu'une alternative à l'induction énumérative est par exemple l'inférence à la meilleure explication : on peut inférer qu'ûn témoignage est vrai si et seulement si la vérité de ce que l'on nous dit fait partie de la meilleurs explication sur le moment et qu'aucune source fiables ne viennet le contredire.
Une chose est sûre, le témoignage est quelque chose d'important et mérite toute notre attention. La question du témoignage est ainsi une question encore très actuelle.

 

Source image: http://blog.abritel.fr/2012/02/temoignage-proprietaire/

01/06/2014

Quel mal y-a-t-il parfois à être dogmatique?

 dogme,dogmatisme,philosophie,thèse,théorie,pensée,idée,monde,extérieur,intérieur,preuve,cerveau dans une cuve,esprit,corpsQuel mal y a t il à être dogmatique? Je ne vous dis pas de croire à tout et n'importe quoi sans raison. Il me semble qu’intuitivement il y a des cas où le dogmatisme ne pose pas de problème. Au contraire, il en résout.

Prenons l'exemple, plutôt célèbre dans le monde philosophique, de la preuve de l'existence du monde extérieur.

Bordel, bande de philosophes de l’inutilité, pourquoi se demander, sérieusement en plus, si le monde extérieur, si toutefois on peut vraiment parler de monde extérieur, existe ? Laissez parler ce genre sceptiques dans le vent, ça ira plus vite! Bon je suis pas vraiment sûr qu'il y a vraiment des gens qui ont soutenu ou qui soutiennent cela sérieusement, je me dis que c'est tout simplement pour l'intérêt de débattre sur ce casse-tête épistémologique, logique et langagier.

Est-ce que vous croyez sincèrement que tout ce que vous percevez n’existe pas vraiment ? Oui je sais, il est possible que l’on soit dans un scénario dit sceptique. Oui, il est possible que l’on soit en fait un cerveau dans une cuve ou encore qu’un malin génie puisse nous plonger dans une illusion stable, qui ne nous permettrait pas de faire la différence entre la réalité et l’illusion, la tromperie quoi. Mais non.

Je ne crois pas que le monde extérieur existe. Je sais intuitivement que le monde existe et tout me porte à rejeter les propositions qui nieraient celle-ci.

On peut même supposer que l’on  est tous un cerveau dans une cuve. Très bien mais même en étant un cerveau dans une cuve, il faut bien que quelqu’un ait foutu mon putain de cerveau dans cette putain de cuve ! Ou bien ? Et même en supposant qu’un malin génie me trompe continuellement et me fasse percevoir des choses en fait inexistantes, si c’est le cas, alors moi j’existe, et comme Descartes, je suis capable de penser et de douter. Même si ce que je perçois est sans cesse une tromperie pour mes fragiles sens et ma raison malade, peu importe le scénario, comme Descartes, si j’ai la possibilité d’affirmer que moi-même j’existe ou que j’existe potentiellement, et qui si j’existe il y un monde pour soutenir mon existence, auquel j’appartiens et que si mon existence est potentielle c’est qu’il y a un monde potentiel pour la soutenir.

Et le monde extérieur, ça veut dire quoi exactement ? Traditionnellement, on peut simplement le définir en tant qu’un monde qui n’a pas besoin d’être perçu pour exister. Lorsque je ferme les yeux et que je ne vois plus la pierre qui est devant moi, je peux supposer aisément que lorsque je vais les ouvrir à nouveau cette pierre sera toujours là, à moins que Pierre ne l’ai déplacé lorsque je ne la regardais pas. En gros, interprété ainsi, le monde extérieur est le monde extérieur à notre esprit, perçu par nous, celui dont nous sommes conscients, celui qui ne dépend ontologiquement pas de nous.

Selon moi le monde extérieur, selon la brève description que je viens d’en faire, est une expression vide de sens dans la mesure où elle ne renvoi à rien ou à quelque chose de partiel. Elle est vide de sens car ce n’est pas parce que je suis un sujet unique, distinct des autres sujets et des autres éléments qui composent l’univers, que je ne fais pas parti du monde. Il n’y a pas le monde extérieur et le monde intérieur, il y a juste le monde. Nous sommes juste des sujets percevant ce qui nous entourent, nous composons ce tout que nous nommons l’univers et sommes relié au reste. On le voit à chaque instant : nous avons besoin de manger, de dormir, d’aimer, de découvrir et j’en passe. Ne me dites pas que vous ne vous sentez pas lié au monde, vous mentiriez ou au mieux vous vous tromperiez. Notre esprit lui-même est donc dans le monde et si nous avons l’impression qu’il y a un monde extérieur c’est tout simplement parce que les autres n’ont pas accès à que l’on pense et vice-versa.Heureusement.

En bref, le fait de pouvoir se questionner sur la possibilité d’un monde extérieur, bien que cette expression ne fasse référence à rien selon moi de concret et de complet, permet de démontrer que le monde existe.

Tout simplement.

Allez les sceptiques acharnés il est maintenant l’heure de me traiter de mauvais philosophe ou de philosophe du sens commun ! Et puis quoi ? Quel est le problème à être parfois dogmatique ?

Le monde existe, c’est tout, et il continuera d’exister même quand vous ne le percevez plus.

Et si dans ce cas débile, il est légitime et justifié d'adopter une attitude dogmatique, pourquoi pas dans d'autres?

 

Source image: http://eltexperiences.blogspot.ch/2011/09/dogme-elt-disse...

06/05/2014

La citation de la semaine VII - David Hume

 

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"Il faut oublier les folies d'un jour pour faire place à celles du lendemain."

David Hume


Source image: http://en.wikipedia.org/wiki/David_Hume

27/04/2014

Nouvelle chaîne Youtube: Libertinage Idéel

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Libertinage Idéel est la convergence de diverses productions invitant chacun à l'exploration intellectuelle. La démarche ambitionne l'inclusion non-exhaustive de toute thématique, perspective, forme et support. L'objectif principal est d'œuvrer à la stimulation de l'esprit à travers cet espace public virtuel, potentiel outil de libération globale.

Chaîne Youtube:

https://www.youtube.com/channel/UCAB4ByMnEMvhUv0C-G58E9Q/...

15/04/2014

La citation de la semaine IV - Alfred de Musset

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" Je n'appartiens à personne ; quand la pensée veut être libre, le corps doit l'être aussi. "

D'Alfred de Musset

Extrait de Lorenzaccio



Source image: http://www.lettresvolees.fr/musset/

11:15 Écrit par Igor Rodrigues Ramos | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |