15/03/2015

Annonce florale

 

annonce florale, fleur, printemps, fin hiver, écriture créative, soleilIl y a des signes qui ne trompent pas et qui en disent plus que ce que peut-être ils voudraient nous apprendre.   Cet hiver, plutôt supportable avons-le, du moins pour ceux qui ont un toit protecteur sur la tête, touche à sa fin dans un moins d’un mois environ.

L’oraison florale laisse d’écoulé sa voix verdoyante à mesure que l’atmosphère devient plus chaleureux.  Nos amies les fleurs, unies envers et contre tout, pointent le bout de leur nez afin de nous annoncer la fameuse nouvelle : le temps se réchauffe et la roulette des saisons continue de tourner, encore et encore.  Le soleil déploie son chant, elles lui répondent poétiquement.

Je les ai croisés au détour d’un coin herbeux. J’ai cru les entendre crier, crier comme beaucoup ne font plus : c’était un cri d’espoir. L’espoir que les jours à venir seront meilleurs ; plus chaud pour les corps, plus chaud pour les âmes.

22/02/2015

Introduction au concept d'anthropocène

 

anthropocene_fr_FINAL.jpgL’anthropocène, un concept relativement peu connu - même le correcteur de Word ne semble point le connaître - risque bien un jour ou l’autre de rentrer dans le champ lexical personnel de tous. Vous allez très rapidement comprendre pourquoi cela reste une possibilité ouverte mais pas encore confirmée. Je ne suis pas un climatologue, un glaciologue ou un paléontologue mais je peux probablement vous faire découvrir deux-trois choses liés à ce concept, et je l’espère, c’est le but principal de cet article, vous motiver à faire des recherches complémentaires à son sujet et tout ce qui gravite autour.

L’anthropocène désigne avant tout une ère géologique où l’influence de l’être humain est devenue prédominante sur la planète terre à tous ces niveaux : la lithosphère, l’hydrosphère, la stratosphère et bien évidemment la biosphère. Cette ère géologique, si elle existe vraiment, est sensé succédé à l’ère dite holocène, une ère interglaciaire, une période relativement chaude et stable, qui elle-même succède à la dernière ère glaciaire qu’est le pléistocène.

L’anthropocène n’est pas encore une ère avérée avec certitude. En effet, tous les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, ils sont d’ailleurs sensé tranché plus profondément cette question en 2016 par l’« Anthropocene » Working Group for consideration by the International Commission on Stratigraphy. Bien sûr, personne ne peut nier le fait que l’homme et ses actions influence la planète : il pollue l’air, la terre et les eaux, et on le sait aussi, il touche la biodiversité en faisant disparaître certaines espèces et en préservant d’autres. Là où les scientifiques ne sont pas d’accord c’est avant tout sur l’importance accordée à l’impact qu’à l’homme sur le réchauffement de l’atmosphère et par là même ses effets sur ce qu’on appelle les gaz à effet de serre. Un autre point sur lequel ils ne sont pas d’accord, pour ceux qui accepte l’existence de cette ère, c’est quand elle commence : tantôt on défend qu’elle commence avec le début de l’agriculture, tantôt on dira qu’elle commence avec la très productive ère industrielle, donc vers la fin du 18ème siècle, début 19ème.

Il faut noter que même si l’on suppose que cette ère n’existe pas réellement en tant qu’ère géologique distincte des autres, l’hypothèse de celle-ci est un signal d’alarme qui peut être utile à une prise de conscience et un changement des mœurs vis-à-vis de la planète et indirectement de la société humaine. Nous avons un effet négatif sur la planète, nous puisons ces ressources comme si elles étaient infinis. Ce n’est pas le cas. Protéger la planète, ses éléments et ses systèmes, c’est protéger l’espèce humaine et toutes les autres. Ne pas consommer c’est impossible, consommer autrement est accessible.

Cette idée que l'homme influence grandement l'état de la planète n'est pas nouvelle.

En 1778, Buffon écrit dans Les Époques de la Nature : « la face entière de la Terre porte aujourd'hui l'empreinte de la puissance de l'homme ».

 En 1864, George Perkins Marsh, un écologiste américain, publie ainsi un article nommé Man and Nature, Physical Geography as Modified by Human Action.

En 1873, l'abbé Antonio Stoppani, professeur au Muséum de Milan, imagine dans son cours de géologie une nouvelle ère spécifique à l’être humain, l'anthropozoïque.

En 1922, à Paris, Pierre Teilhard de Chardin, Vladimir Vernadsky et Édouard Le Roy développent tous trois le concept de noosphère A.K.A la « sphère de l'esprit humain ».

                                                                                                                         

Un grand tournant se produit pourtant en 1985. L’équipe scientifique du jeune Claude Lorius dévoile les courbes alarmantes d’augmentation de co2, un des gaz à effet de serre, après des études sur le terrain en antarctique, lors de la conférence internationale sur le climat à Vilach, et mettent ainsi en avant la corrélation nette de l’augmentation de la température et des gaz à effet de serre, notamment le co2. L’holocène était considéré comme une ère relativement stable et on remarque que depuis le début du 19ème, en analysant la composition des différentes couches de glaces, cette stabilité est ébranlée. Après ce dévoilement, une suite d’article suivra logiquement.

 

Après la lecture de ces différentes courbes, le géologue et biochimiste Eugène Stoermer et le géochimiste Paul Crutzen publièrent ensemble dans la newletter du programme international de la géosphère et biosphère un texte évoquant cette nouvelle ère : l’anthropocène. C’est néanmoins deux ans plus tard, en 2002, dans un nouvel article pour Nature, un magazine plus accessible aux profanes de la sciences que nous sommes pour la plupart, que Crutzen popularisa le terme, et propose ainsi pour début de cette ère la dernière partie du 18ème, date à laquelle ces courbes commencent à augmenter de façon exponentielle.

 

Une conscience égologique existait déjà indéniablement avant la création de ce terme, au moins 15-20 ans auparavant. Les différentes marées noires entre les années 60 et 70, le choc pétrolier, les chômages de masses, les divers mouvements pacifistes, la création de WWF et Green Peace, tout cela à participer à remettre en question le modèle sociétal occidental et états-unien notamment. La possibilité de l’anthropocène n’est que la preuve que nos craintes étaient justifiées et réelles.

 

De nombreux artistes ont aussi commencé à défendre cette idée que la planète doit être sauvegardée au profit de tous. D’autres aujourd’hui continuent leur combat plus que jamais. Celui que l’on considère comme l’un des chainons essentiels du combat artistique pour l’environnement est sans conteste Joseph Beuys. Il incarne les prémisses de ce combat artistique. Beuys participa toute sa vie à éveiller la conscience écologique des gens, en témoigne son œuvre « 7000 chênes ». Il est un indicateur de voie viable pour l’art d’aujourd’hui. Je le présenterai plus longuement dans un autre article.

 

Les artistes et les scientifiques peuvent s’entraider pour éveiller la conscience des gens, pour changer les mœurs et les comportements. Là aussi on constate que l’entraide scientifico-artistique existe déjà et l’on ne peut que s’en réjouir. Le projet Coal par exemple mobilise artistes, acteurs culturels et scientifique afin de réfléchir et agir en faveur des enjeux sociétaux et environnementaux. L’artiste suisse Pascal Schwaighofer monte une exposition avec l’aide de la faculté des géosciences et de l’environnement. Bruno Latour réunis avec les Abbatoirs de Toulouses artistes et scientifiques, en organisant des conférences, des expositions. D’autres exemples existent bien sûr, ceci n’est qu’un bref échantillon.

 

L’idée que la planète est malade et mérite des soins ne se doit plus d’être traitée uniquement de manière théorique, il est temps de la pratiquer. On ne peut décemment pas demander à tous de le faire, certains ont déjà leurs problèmes graves à gérer et doivent penser à survivre avant toutes choses. Mais tous ceux qui peuvent faire quelque chose, notamment changer son quotidien afin de l’optimiser au mieux, devrait le faire. Je ne désire pas être moralisateur mais plutôt incitateur. Alors je vous incite mes chers compatriotes à prendre soin de vous, des autres et de la terre mère et première de tous, notre planète, et même si cela a été dit et redit, les bonnes choses se doivent d’être répétées sans cesse.

 

Sources utilisées

 

Webographie 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropoc%C3%A8ne

http://globaia.org/fr/portfolio/cartographie-de-lanthropocene/

http://www.alternatives-economiques.fr/bienvenue-dans-l-anthropocene_fr_art_1204_63186.html

http://www.lesabattoirs.org/expositions/anthropocene-monument

http://www.projetcoal.org/coal/

http://www.lemonde.fr/arts/article/2014/09/11/l-art-anthropocene-pas-si-facile_4486258_1655012.html

http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/09/21/qui-a-peur-de-bruno-latour_1763066_3260.html

http://www.lesinrocks.com/2014/10/22/arts-scenes/arts/bienvenue-lanthropocene-11531313/

 

Bibliographie 

BONNEUIL Christophe et FRESSOZ Jean-Baptiste, L’événement Anthropocène, Editions du Seuil, Paris 2013

DAVVETAS Démosthènes, Joseph Beuys : La sagesse moderne, Editions Nicolas Chaudin, Belgique, 2013

FUHLBRÜGGE Heike, Joseph Beuys und die anthropologische Landschaft, Reimer, Berlin, 2007

GRINEVALD Jacques, La Biosphère de l’Anthropocène : Climat et pétrole, la double menace, Georg Editeur, Genève, 2007

LORIUS Claude et CARPENTIER Laurent, Voyage dans cette nouvelle ère dont nous sommes les héros l’Anthropocène, Acte Sud, Saint-Etienne, 2010

BUCKLAND David, Carbon 12 : Art et changement climatique, Somogy éditions d’art, Paris, 2012

 

 Source image: http://globaia.org/fr/themes/anthropocene/

 

15/02/2015

Joseph Beuys : une prémisse d'un art engagé en faveur de l'écologie

 

joseph beuys, écologie, environnement, article, présentation, art, artiste, fluxus, allemagne, engagement, 7000 chênes, coyoteJoseph beuys est un artiste allemand né en Allemagne en 1922 dans une famille catholique. Son enfance se passe relativement normalement pour l’époque et son rêve de gosse est d’être médecin. Au moment où il peut rentrer à la faculté de médecine la guerre éclate et Beuys devient pilote de bombardier du côté allemand. Un grand tournant se passe à ce moment-là, selon ses dires tout du moins : son avion chute, il est blessé mais recueillis par les tatares, un peuple turcs d’Europe orientale et d’Asie mineure. Les chamanes l’auraient soigné et cet accident aurait laissé une marque profonde à l’artiste et toute une remise en question est faîte, une blessure, peut-être déjà existante s’élargie. Il est touché, tant physiquement que mentalement. A la fin de la guerre, au lieu de se tourner vers la médecine comme prévu, il se tourne vers l’art en pensant sincèrement que celui-ci à une capacité thérapeutique interne. La vie et le destin de l’être humain deviendront ses champs de recherches.

 

Artiste engagé politiquement et écologiquement, Joseph Beuys participe même à la création du mouvement vert en Allemagne et rejoindra un temps le mouvement Fluxus. Artistiquement parlant, il n’est pas pour un art purement ornemental et contemplatif, il pense que l’art doit changer celui qui le pratique et améliorer le monde par la même occasion. L’artiste devient aussi important que l’œuvre d’art et il n’y a plus de scission entre art et vie. Concrètement, Joseph Beuys ne se dit pas artiste anthropocène mais il en la verve, et il en inspira probablement plus d’un qui le revendique. Certains considèrent vraiment faire partie de ce mouvement comme par exemple Jason Taylor et ses sculpture sous-marines. Beuys participa toute sa vie à éveiller la conscience écologique des gens. Beuys est un indicateur de voie viable pour l’art d’aujourd’hui.

 

Passons maintenant à l’analyse de deux de ces performances : I like America and America likes me, alia Coyote, ainsi qu’à 7000 chênes.

Une exposition de celui-ci est annoncée à New York en mai 1974 à la galerie René Block, alors que Joseph Beuys est encore à Düsseldorf. Une ambulance vient le chercher  chez lui. Il est mis sur une civière, emmitouflé dans une couverture de feutre, qu’il gardera lors de la performance, et est ainsi emmené jusqu’à l’aéroport. Dans l’avion il est toujours emmitouflé, puis débarque à New York, à l’aéroport Kennedy. Là encore, une ambulance vient le chercher accompagné des autorités américaines et est ainsi emmené jusqu’à la galerie susmentionné. Il exprimera de cette façon son mépris pour la guerre du Viêt-Nam et prouve son engagement politique : il ne foulera ainsi jamais le sol américain à ce moment-là.

Il vécut trois jours avec le coyote sauvage, capturé trois jours auparavant dans le désert du Texas. Beuys porte son habituel chapeau de feutre et d’une étoffe de la même matière, il joue aussi avec sa canne, sa lampe torche et son triangle. Le coyote est quelque peu agressif au début, puis petit à petit leur cohabitation s’améliore : ils apprennent à partager la paille, le territoire de la galerie, le feutre ainsi que les divers exemplaires du Wall Street Journal qui sont livré chaque jour.

Il y a diverses interprétations possibles. L’une d’elle est que Beuys représente la civilisation humaine, le coyote représente la nature et que ceux-ci doivent apprendre à cohabiter ensemble sans se détruire. Une autre interprétation est que Joseph Beuys tente de réconcilier l’esprit de l’homme blanc et l’homme rouge, indien, car il faut savoir que le coyote était un animal vénéré jadis par certaines tribus indiennes.

Passons maintenant à l’œuvre 7000 chênes qui représente parfaitement son engagement écologique.

En 1982 pour l’exposition Documenta VII à Cassel, Beuy propose la plantation de 7000 chênes, dont chacun est associé à une colonne de basalte, un matériau de la région : « Ce n’est pas la beauté de ces tuyaux d’orgue qui nous intéresse particulièrement. Ce que nous voulions, c’était un matériau de la région de Cassel, de façon à souligner son caractère basaltique.». Ce qui est particulièrement intéressant c’est que l’arbre continuera à grandir à évoluer de façon visible, contrairement à ces colonnes stagnantes. Les gens viennent vers lui, payent pour pouvoir planter un arbre et Beuys leur donne même un reçu.

Beuys désire par cette démarche sensibilisé un maximum de personnes à l’écologie, de réveiller une conscience vis-à-vis de la planète, tout en participant à la restauration de la terre via cette plantation.

La nature est fragile et instable mais il appartient à la civilisation humaine de la protéger, de la chérir, d’en consommer ses ressources, sans pour autant la détruire sans respect.

Sources

Webographie

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Beuys

https://www.youtube.com/watch?v=e5UXAqpSJDk

Bibliographie

DAVVETAS Démosthènes, Joseph Beuys : La sagesse moderne, Editions Nicolas Chaudin, Belgique, 2013

Image

http://uk.phaidon.com/agenda/art/articles/2012/october/29...