26/08/2013

Le doute

 

Le doute 

 

Maintenant encore la science empirique

Eclaire le désireux scientifique,

Car il expérimente et observe

L’univers. Il s’émerveille sans réserve

A tout instant où il croit voir la vérité ;

Idée adulée, céleste célébrité,

Réelle toile, grand comment qui tant nous ment,

Et pourtant elle ne montre  le pourquoi du comment.

 

Et puis il y a l’autre qui dit croire en dieu

Tout puissant, et qu’on est là parce qu’il le veut.

 

me les mathématiques, science a priori,

Evidemment, du nez de la raison se rient.

 

Guide des soupçons dans le cerveau des humains

Ulcérés, la philosophie leur tend la main

Idolâtrée, les noyant dans cet océan

De questions. En avant toute suivez le vent,

En avant toute vers l’île qui abrite le doute !

13:03 Écrit par Igor Rodrigues Ramos dans Ecriture créative:Poèmes et autres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/08/2013

Héra virile sans le savoir

Lors d’une rose nuitée ardemment arrosée,

Il fallut que je confesse à un compère,

A qui croissaient deux cornes sur le crâne nécrosé,

A quel point son partage étendait ses frontières.



Mon cher camarade, tant de choses appartiennent à toi seul ;

En ton antre l’or s’endort et sursaute à profusion,

Ton domaine est un Eden digne d’une illusion,

Ta vertu, ta charité, ta grâce, ne sont qu’à toi seul,



Je ne veux point le nier, mais tu as une femme féconde,

Mon cher camarade, en commun avec tout le monde !

12:25 Écrit par Igor Rodrigues Ramos dans Ecriture créative:Poèmes et autres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/08/2013

Face à la mort

David. La mort de Socrate (1787) © Metropolitan museum of art, New york

David. La mort de Socrate (1787) © Metro­po­li­tan museum of art, New york

 

« Qu’est-ce, en effet, que craindre la mort, citoyens, sinon se pré­tendre en pos­ses­sion d’un savoir que l’on n’a point ? En défi­ni­tive, cela revient à pré­tendre savoir ce que l’on ne sait point. Car per­sonne ne sait ce qu’est la mort, ni même si elle ne se trouve pas être pour l’homme le plus grand des biens, et pour­tant les gens la craignent comme s’ils savaient par­fai­te­ment qu’il s’agit du plus grand des malheurs. » 

Socrate

 

Je me per­mets de faire ici l’éloge
D’un homme depuis long­temps dis­paru.
Il dis­cou­rut beau­coup le temps qu’il appa­rut
Jusqu’au jour où la ciguë serra sa gorge.

Il fut pour ses pro­pos condamné à mort.
On l’accusa de cor­rompre la jeu­nesse
Et de rompre avec les Dieux et Déesses
Tant véné­rés pour leurs pou­voirs et leur corps.

Cer­tains eurent encore la chance de par­ler avec lui.
Tous rap­por­tèrent un fait fort rare à voir :
Il resta le même de jour ou de nuit,
Car face à la mort il n’eut peur de son sort.

Cet homme com­prit bien avant de mou­rir
Que la mort est inhé­rente à la vie.
Ainsi, il accepta sa des­ti­née ici
Et honora ses pen­sées plu­tôt que de les fuir.

Vous autres qui pen­sez à vivre long­temps,
Appre­nez de celui qui vécut bien son temps ;
Car mes chers on ne choi­sit pas le temps qu’on vit,
Mais on peut essayer de bien vivre sa vie.

22/08/2013

Hermaphrodite

Ô Hermès, est-ce toi qui sieste
Sur ce marbre blanc et délicat,
Ou est-ce Aphrodite couchée là,
Dont la beauté retourne les têtes ?

Je ne sais pas ou je ne sais plus
Distinguer un homme d’une femme.
J’étais perdu lorsque je l’ai vu,
Pareil à une barque sans rames.

A vrai dire la foule était troublée,
Je n’étais pas le seul à supposer ;
Les uns affirmaient voir une dame,
« Mais c’est Apollon » criaient les femmes.

Double beauté au visage pâle,
Est-ce la cierge ou le doux nuage,
L’excellent ou le maudit présage,
Qui t’offrit la blancheur sommitale ?

Curieux, j’ai regardée sous les plis
De ses étranges habits antiques,
Et comme Œdipe face au sphinx mythique
Je résolu l’énigme et souris…

14:49 Écrit par Igor Rodrigues Ramos dans Ecriture créative:Poèmes et autres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/08/2013

Haiku I

 

Voyager

Non pas pour voir le monde

Mais pour regarder autrement

17:08 Écrit par Igor Rodrigues Ramos dans Ecriture créative:Poèmes et autres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/08/2013

Réveil en prison

Allégorie de l'ennui, huile sur toile, 50x65, 2002, Cycle de la Cours d'Hérode

Allé­go­rie de l’ennui, huile sur toile, 50×65, 2002, Cycle de la Cours d’Hérode

 

Le soleil baillait encore

Quand très tôt ce matin,

Sans effort aucun, le Malin,

Mon réveil vint éclore :

 

« Que me veux-tu, Ô muse de mes cauchemars ? »

Il me répon­dit sans gêne : « Triste âme en peine,

Oublie donc la haine, ce qui t’égare.

Déclare à celui qui t’enchaîne et te déchaîne,

Par-delà la Beauté et l’Idéal,

Aux confins des Idées et du Mal,

Si on devait tout t’enlever, que voudrais-tu que l’on te rende ? »

 

Je rétor­quai sans hési­ter : « Mon âme ! En elle sommeille

Ce qui me tient en éveil, mes tré­sors, mes légendes !

Puisqu’en ses landes tout me ravit, avec soin elle veille

Que rien ne me soit pré­féré, j’en vais jusqu’à ignorer

Si quelque chose est capable de me séduire, de m’induire à errer.

Une erreur que l’on finit tou­jours par regretter,

C’est de vendre notre âme à toi, Diable, ce Satané ! »

 

En dis­cu­tant dou­ce­ment avec mes démons,

Ceux issus des cages sinistres de mon Ennui,

J’apprends de ces mau­dites ombres de la nuit,

Com­ment – y arriverais-je ? — m’évader de cette prison.

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15/08/2013

Flora

http://reelgeneve.files.wordpress.com/2013/05/untitled3.png

Titien, vers 1515, huile sur toile, 79.7 cm× 63.5 cm,

Galerie des offices, Florence

 

 

Le regard, hélas, détourné de mon âme blême,
Elle contemple, peut-être, les temples de l’extase,
Et telle une fleur pure et pudique dans un vase,
Elle sourit secrètement à celui qui tant l’aime.

Elle est si jeune, mais nous semble si ancienne
Car le temps n’affecte la beauté qui est sienne.
Elle est si lointaine et si proche à la fois,
Pour l’aimer il nous faut un semblant de foi.

Elle est un bouquet divin de roses rouges et blanches,
Portées par le vent à plus de mille recoins du monde,
Et son parfum est impalpable comme ses hanches.
Quant à sa voix tue, elle murmure la berceuse des ondes.

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30/07/2013

Dette éternelle

 


Pour des raisons ancestrales, depuis les premières pluies,
L’Homme est dans la situation de celui quoi doit. La Vie,
Prêtée par la Nature, nous remémore à chaque instant,
Que nous la remercions, momentanément, en mourant.

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27/07/2013

À consommer sans modération

Quand j’arrive dans un centre commercial,

Je me sens comme un con

Cerné par l’esprit de consommation

Et ses paroles aisé­ment immorales :

 

« Consomme jeune con,

Même consciem­ment

Offre ton argent

À ces harpagons. »

 

Puis je me perds dans ces rayons artificiels,

Objec­ti­ve­ment superfétatoires,

Comme la plu­part de ces nuls accessoires

Qui arborent ainsi nos rêves conventionnels

 

« Consomme jeune con,

Même consciem­ment

Offre ton argent

À ces harpagons. »

 

Quand je sors de ces lieux qui nous appauvrissent,

Je me remé­more dans ma fra­gile mémoire

Que nos vies se déroulent dans des villes illusoires

Et que tout ce qui brille réside en mes abysses…

 

Car au dehors, j’entends sans cesse cette sub­tile voix qui me répète :

 

« Consomme jeune con,

Même consciem­ment

Offre ton argent

À ces harpagons. »

 

 

 

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26/07/2013

Héra virile sans le savoir

 

Lors d’une rose nuitée ardemment arrosée,

 Il fallut que je confesse à un compère,

A qui croissaient deux cornes sur le crâne nécrosé,

 A quel point son partage étendait ses frontières.

 

Mon cher camarade, tant de choses appartiennent à toi seul ;

 En ton antre l’or s’endort et sursaute à profusion,

 Ton domaine est un Eden digne d’une illusion,

 Ta vertu, ta charité, ta grâce, ne sont qu’à toi seul,

 

Je ne veux point le nier, mais tu as une femme féconde,

 Mon cher camarade, en commun avec tout le monde !

 

 

 

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23/07/2013

Le gâteau du poète

 



Ingrédients (pour quatre personnes) :
100 grammes de chocolat embrassé
100 grammes de chocolat croisé
120 grammes de beurre d’Alexandrie
5 œufs couvés par mère poésie
1 cuillère à soupe de muse sucrée
1 cuillère à sucre de farine sensée

Préparation :
Préchauffez votre cœur à 130 degrés,
Puis tartinez des syllabes si sibyllines
A l’aide du beurre de la ville alexandrine
Qui iront dans ce four qui aime et est aimé.

Cassez le chocolat croisé et embrassé
En morceaux, puis gardez un quart pour plus tard.
Patiemment faite fondre sur votre papier
Le beurre et tous les fragments restants et épars.

Cherchez la mousse inspirée en battant la muse
Et les œufs poétiques, puis ajouté le sens
Et l’essence de cacao qui tant amuse.
Mélangez bien le tout d’un geste qui encense.

Enfin, versez le composé dans un grand moule
Syllabique, entrez les rimes chocolatées
Mises avant de côtés afin qu’elles s’écoulent.
Enfournez. Enfin, que votre faim soit comblée.

 

Bon appétit

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