18/10/2015

La sirène

 

Dans l’avion, Héraklion – Genève

C’est elle qui charme tous ces pirates et autres malandrins, et c’est elle encore qui força Ulysse à s’attacher à son mat à cause de sa voix envoûtante.

Elle incarne à elle seule toutes les représentations de la sirène mythologique : mi-femme mi-poisson, mi-femme mi-oiseau.

Son côté aquatique nous emmène au fin fond des entrailles de notre civilisation et nous dévoile les abysses de tous, très subtilement, en éclairant ce qui est invisible à l’œil nu. Elle rend aveugle en dévoilant.

Quant à sa face ailée, elle nous emmène loin, très loin en altitude, plus loin que le soleil, plus loin que la dernière étoile, plus loin encore que la réalité et tout ce qui la compose.

Elle est le fond et la forme, le haut et le bas, le temps et l’espace, le tout et le rien.

Elle s’est transcendée elle-même et croyez-moi, vous tous, morts et vivants, vous autres qui viendrez à l’existence, vous autres qui apparaîtrez jamais : je suis complètement dépassé, mon âme s’enfuit, mon corps s’oubli.

Cette dernière phrase fut un poil longuette je vous l’accorde, et pourtant, si je devais en écrire une représentant mon amour pour elle, cette phrase même, à n’en point douter, serait plus infinie que l’infini.

N’essayez- pas de l’imaginer.

 

C’est impossible.

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