12/04/2015

Les poèmes de Xanthriel la ménestrelle

 

Maître Talagan

Quand mon corps sera inerte

Nourrissant l’herbe verte,

Quand les vers dévoreront

Ma chair putride à foison,

Aux ennemis qui au sol m’ont fait tomber,

Aux amis qui se sont battus à mes côtés,

Dites-leurs que j’ai vécu au temps de Talagan,

Sauveur des trésors d’Edhelion,

Dites-leurs que j’ai vécu au temps d’Elrond,

Sage semi-elfe, seigneur d’Imladris,

Dites-leurs que j’ai vécu au temps d’Edhelben,

L’un des plus grands combattants de tout l’Ered Luin,

Dites-leurs simplement que j’ai vécu au temps des grands rois et des grands guerriers,

Que ma grandeur n’a d’égal que celle qu’ils m’ont conférée !


Une faim de loup

Les temps étaient d’acier,

Il faisait fort faim et fort froid,

Ma bourse était affamée,

Déchirée ma robe de soie.

 

L’estomac des loups hurlait

A la vue de mon croupion ;

A Ered Luin ils me traquaient,

Leur festin fut une part de mon fion.

 

Ma partie charnue saignante et à l’air,

Après ces troubles, ainsi se baladait,

Tous les mâles de la région m’accostèrent,

Ô combien de leurs viles mains me frôlaient ?

 

La fin de cette misérable histoire

Ressemble au début devant le miroir :

 

Les temps étaient toujours d’acier,

Il faisait plus faim et plus froid,

Ma bourse était davantage affamée,

Plus déchirée ma robe de soie.

 

Le bosquet aux mûres

Ce soir-là, encore, je chantais famine ;

Mon sac était un désert aride,

Mon esprit avait pris quelques rides,

Quand à mon corps, aux squelettes il se mêlait.

 

J’errais ici et là,

Partout et nulle part,

Je n’avais plus de voix,

Encore moins d’espoir,

Sans verve étaient mes vers,

Mes crachats tournaient au vert.

 

C’est là qu’il apparût à l’horizon :

Un bosquet truffé de  mûres !

Un trésor avec fière allure !

A mes yeux, un grand mois de moissons !

Je criais,

Je hurlais :

« Que la nature me pardonne,

L’heure de ses fruits sonne ! »

 

Je m’empiffrais,

Je m’empiffrais,

A m’en péter la panse,

Qu’y puis-je,

Quand on a faim mal on pense

Aux conséquences de la gloutonnerie !

Et moi,

Je m’empiffrais,

Je m’empiffrais !

Qu’ai-je obtenu au final ?

 

Deux heures après, la fringale revenait,

Point seule néanmoins

Et ni plus ni moins,

Une chiasse insondable me cernait !

 

Elle ressemblait à un tas de confiture,

Je vous l’accorde, peu attirant !

« Plus jamais je ne m’éclate aux mûres,

Je ne suis point si artiste,

Quoique cela m’attriste,

Pour mouler des bronzes si puants ! »

 

Les commentaires sont fermés.