22/03/2015

L’amour sublime

 

l'amour sublime, cupidon, aphrodite, irr, igor rodrigues ramos, burke, écriture créativeBurke définissait le sublime au 18èmesiècle comme un sentiment paradoxal : une chose sublime inspire à la fois la fascination et la répulsion, elle oscille entre charme et horreur. Il l’oppose par nature au beau et affirme qu’il procure une certaine délectation malgré sa part négative.

Le sublime était notamment utilisé pour désigner la montagne et l’océan.

L’orophobie, la crainte aigue de la montagne, a longtemps prévalue, ce qui semble compréhensible car elle était très probablement perçue comme un endroit dangereux, mystérieux, souvent stérile, liée symboliquement au déluge biblique telle une relique qui en témoignerait. Ses hautes semblaient côtoyer le ciel, alors que ces racines touchaient peut-être les fins fonds de l’enfer.

Petit à petit la montagne est devenue sublime, sa vision devenait ainsi une belle horreur. Elle a tant prit le cœur de l’homme, que celui-ci n’a pas pu s’empêcher de vouloir la gravir sans cesse. Nous pouvons d’ailleurs remercier peintres, photographes et autres scientifiques d’avoir démystifié sa nature et avoir ainsi participé à l’accessibilité populaire de celle-ci.

L’océan quant à lui, a connu un chemin quelque peu semblable. Ce n’est pas sa hauteur qui fascinait   et horrifiait, c’était sa profondeur et sa force à avaler l’horizon. Instrument direct du déluge, il inspirait également une grande crainte, bien que depuis de nombreux siècles déjà, divers navigateurs partaient le conquérir.

Tout ce que je baratine là sincère bien évidemment dans un paradigme européen spécifique, général et simplifié à souhait, bien que des idées semblables se retrouvent peut-être ailleurs.

Et l’amour alors, n’est-il pas sublime ?

L’amour côtoie les nuées azures comme la montagne, il est haut et ne demande qu’à être gravi. Le chemin est périlleux à n’en point douter, pourtant, une fois arrivé au sommet tant attendu, la vue que l’on contemple n’a pas d’égal.

L’amour est profond comme l’océan, il a ses abysses secrètes qu’aucun ne peut réellement atteindre, il a ses vagues et ses tempêtes, beaucoup quitte tout ce qu’ils ont pour le caresser.

L’amour est sublime, il ressuscite autant qu’il abat, il fait aussi peur qu’il ne rassure, sa beauté n’a d’égal que sa laideur. L’amour est paradoxal. Et on ne le désirerait point autrement car c’est lui qui nous fait sentir appartenir à l’univers, car cette sensation multiforme, pareil au fil de l’équilibriste, nous rappelle que l’on est  entre le ciel et la terre, l’on est debout, vivant et l’on doit continuer.

Pour continuer à avancer il faut aimer.

L’amour s’impose à nous et c’est les bras grands ouverts que nous l’accueillons.

 

Source image: http://www.repro-tableaux.com/a/pompeo-girolamo-batoni/di...

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