25/01/2015

Pour le développement d'un art d'une culture locale

 

culture-and-arts.png L’importance de défendre, chacun là où l’on se trouve, le développement et la valorisation de l’art et la culture locale, n’a jamais été aussi légitime et justifiés.

Je ne vous dis pas de ne plus savourer les créations et les traditions venues d’ailleurs, tout au contraire, il faut le faire sans modération, sans pour autant oublier ce qui se fait de par chez vous. D’ailleurs, si vous voulez profiter d’arts et cultures diverses, riches et enrichissantes, des gens doivent être prêt à défendre ce qui se fait localement. C’est logique. Si l’art et la culture se mondialisent entièrement, on risque de profiter tous de la même chose, où que l’on soit. Au fond, ce n’est pas ce que vous désirez n’est-ce pas ? Un avantage de la mondialisation, rendons à César ce qui appartient à César, est de propager les diverses cultures et arts d’un point A à  divers autres points. Le côté négatif de cette pièce, est que certaines influences sont si puissantes et  enchanteresses, qu’elles annihilent complètement l’art et la culture de certaines localités. Par localité, j’entends régions, villes, pays, tout dépend du contexte.

A Genève, ville purement multiculturelle, l’art et la culture sont multiformes. C’est sa richesse. C’est de cette richesse qu’il faut profiter. Les effets de la mondialisation, nous les sentons déjà, ils ne sont pas seulement positifs mais pas uniquement négatifs non plus. Nos artistes n’incarnent pas tous ensemble une identité visuelle, une identité sonore ou autre. Nous prenons un peu par ci, un peu par-là, nous exagérons cela, nous diminuons ceci. Nous nous inspirons entièrement de ce se fait là, évitons totalement ce qui vient de là-bas. Tout dépend de l’artiste et de sa vision créatrice. Et c’est tant mieux pour le coup. Il y a de tout et de rien, c’est notre force. D’ailleurs, l’idée qu’il existe une culture et un art mondial ne me déplait pas du tout non plus, du moment qu’il en reste des plus spécifiques, indépendants et fiers.

C’est ce visage multiculturel genevois qu’il faut défendre, il est un de ces aspects positif de cette mondialisation  sur nous. Depuis longtemps déjà, tant artistiquement et culturellement, Genève pioche ici et là. Ce n’est donc pas nouveau. Pourtant, selon moi, il ne faut pas que ce soit ainsi partout. Notre spécificité c’est la diversité mais il faut aussi qu’ailleurs, le spécifique soit divers. Je suis pour le fait que des pays, des régions, des villes, des individus développent leur art et leur culture propre, soutiennent leurs traditions et leurs valeurs, et si possible tout cela se doit d’être ouverts, pacifique, et défendant certaines valeurs humanistes et égalitaires. Il faut préserver les traditions, les arts et les cultures, sans pour autant oublier de les mettre à jour au besoin du contexte, tant local que mondial.

C’est dans cette préservation que Genève peut jouer un rôle. Notre visage multiculturel et multiforme peut être un ardent défenseur de cette idée. Cela peut sembler paradoxal mais ça ne l’est pas. Genève, ce n’est pas seulement une capitale financière, diplomatique et des droits de l’homme, c’est aussi potentiellement une capitale de l’art et de la culture mondiale. Notre richesse et si diverses qu’il faut la chérir, nous devons l’explorer pour le bien de l’art et la culture en général. Et un bien principal que nous devons préserver est sans conteste la diversité des autres, non pas seulement par souci de tolérance mais surtout pour garder sauve une partie importante du patrimoine humain. C’est peut-être un poil idéaliste mais comme tout idéal, il est par nature inatteignable mais on peut tendre décemment vers lui.

Je ne dis pas que toutes les œuvres faites par des artistes genevois se doivent de propager cette idée. Je ne dis pas non plus que tous les artistes doivent défendre cet idéal. Je leur conseille, je les motive, je leur propose tout simplement de se questionner, de réfléchir, de mesurer, en se posant deux questions qui me semblent essentielles : que puis-je apporter à l’art et à la culture locale ? Que puis-je apporter à l’art et à la culture mondiale ?

La perte culturelle d’un lieu peu se traduire diverses façon : perte identitaire, colonisation inconsciente, changement comportemental non-adapté au contexte, et j’en passe. Il y a des lieux plus touchés que d’autres et chacun ne réagit pas de la même façon, il est difficile de tirer une théorie générale et applicable sans erreurs. C’est aussi pour cela qu’il faut défendre défendre la diversité, tout en prônant l’ouverture, afin de ne pas s’isoler chacun de notre côté juste parce que l’on ne fonctionne pas forcément exactement de la même façon. Penser que la diversité crée des conflits en soi est absurde, cela arrive probablement certes, mais ce n’est pas un fatalisme ni une loi naturelle.

Ce texte est simplificateur, vulgaire et semble presque avoir l’air d’un pseudo-manifeste malhabile. Mon action actuelle pour l’art et la culture locale, et par là même occasion pour l’Art et la Culture, c’est la création, le développement et l’amélioration de l’Association Plumes Genevoises, qui en plus de proposer une actualité artistique et culturelle quotidienne de ce qui se passe dans notre canton, met également en place une série de catalogues servant au référencement : catalogue des artistes, des galeries d’art, des cinémas, etc. Ce n’est pas grand-chose mais c’est quelque chose. Ce texte n’est évidemment que mon avis, je ne parle pas au nom de toute mon équipe, c’est ma position personnelle, certains la partage peut-être, d’autres pas. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, sa force, ses idées, son ambition à cette association. C’est l’un de mes combats et je serai toujours prêt à partir au front pour lui.

 

Source image: http://www.tvsurerdre.fr/art-et-culture/

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