15/02/2015

Joseph Beuys : une prémisse d'un art engagé en faveur de l'écologie

 

joseph beuys, écologie, environnement, article, présentation, art, artiste, fluxus, allemagne, engagement, 7000 chênes, coyoteJoseph beuys est un artiste allemand né en Allemagne en 1922 dans une famille catholique. Son enfance se passe relativement normalement pour l’époque et son rêve de gosse est d’être médecin. Au moment où il peut rentrer à la faculté de médecine la guerre éclate et Beuys devient pilote de bombardier du côté allemand. Un grand tournant se passe à ce moment-là, selon ses dires tout du moins : son avion chute, il est blessé mais recueillis par les tatares, un peuple turcs d’Europe orientale et d’Asie mineure. Les chamanes l’auraient soigné et cet accident aurait laissé une marque profonde à l’artiste et toute une remise en question est faîte, une blessure, peut-être déjà existante s’élargie. Il est touché, tant physiquement que mentalement. A la fin de la guerre, au lieu de se tourner vers la médecine comme prévu, il se tourne vers l’art en pensant sincèrement que celui-ci à une capacité thérapeutique interne. La vie et le destin de l’être humain deviendront ses champs de recherches.

 

Artiste engagé politiquement et écologiquement, Joseph Beuys participe même à la création du mouvement vert en Allemagne et rejoindra un temps le mouvement Fluxus. Artistiquement parlant, il n’est pas pour un art purement ornemental et contemplatif, il pense que l’art doit changer celui qui le pratique et améliorer le monde par la même occasion. L’artiste devient aussi important que l’œuvre d’art et il n’y a plus de scission entre art et vie. Concrètement, Joseph Beuys ne se dit pas artiste anthropocène mais il en la verve, et il en inspira probablement plus d’un qui le revendique. Certains considèrent vraiment faire partie de ce mouvement comme par exemple Jason Taylor et ses sculpture sous-marines. Beuys participa toute sa vie à éveiller la conscience écologique des gens. Beuys est un indicateur de voie viable pour l’art d’aujourd’hui.

 

Passons maintenant à l’analyse de deux de ces performances : I like America and America likes me, alia Coyote, ainsi qu’à 7000 chênes.

Une exposition de celui-ci est annoncée à New York en mai 1974 à la galerie René Block, alors que Joseph Beuys est encore à Düsseldorf. Une ambulance vient le chercher  chez lui. Il est mis sur une civière, emmitouflé dans une couverture de feutre, qu’il gardera lors de la performance, et est ainsi emmené jusqu’à l’aéroport. Dans l’avion il est toujours emmitouflé, puis débarque à New York, à l’aéroport Kennedy. Là encore, une ambulance vient le chercher accompagné des autorités américaines et est ainsi emmené jusqu’à la galerie susmentionné. Il exprimera de cette façon son mépris pour la guerre du Viêt-Nam et prouve son engagement politique : il ne foulera ainsi jamais le sol américain à ce moment-là.

Il vécut trois jours avec le coyote sauvage, capturé trois jours auparavant dans le désert du Texas. Beuys porte son habituel chapeau de feutre et d’une étoffe de la même matière, il joue aussi avec sa canne, sa lampe torche et son triangle. Le coyote est quelque peu agressif au début, puis petit à petit leur cohabitation s’améliore : ils apprennent à partager la paille, le territoire de la galerie, le feutre ainsi que les divers exemplaires du Wall Street Journal qui sont livré chaque jour.

Il y a diverses interprétations possibles. L’une d’elle est que Beuys représente la civilisation humaine, le coyote représente la nature et que ceux-ci doivent apprendre à cohabiter ensemble sans se détruire. Une autre interprétation est que Joseph Beuys tente de réconcilier l’esprit de l’homme blanc et l’homme rouge, indien, car il faut savoir que le coyote était un animal vénéré jadis par certaines tribus indiennes.

Passons maintenant à l’œuvre 7000 chênes qui représente parfaitement son engagement écologique.

En 1982 pour l’exposition Documenta VII à Cassel, Beuy propose la plantation de 7000 chênes, dont chacun est associé à une colonne de basalte, un matériau de la région : « Ce n’est pas la beauté de ces tuyaux d’orgue qui nous intéresse particulièrement. Ce que nous voulions, c’était un matériau de la région de Cassel, de façon à souligner son caractère basaltique.». Ce qui est particulièrement intéressant c’est que l’arbre continuera à grandir à évoluer de façon visible, contrairement à ces colonnes stagnantes. Les gens viennent vers lui, payent pour pouvoir planter un arbre et Beuys leur donne même un reçu.

Beuys désire par cette démarche sensibilisé un maximum de personnes à l’écologie, de réveiller une conscience vis-à-vis de la planète, tout en participant à la restauration de la terre via cette plantation.

La nature est fragile et instable mais il appartient à la civilisation humaine de la protéger, de la chérir, d’en consommer ses ressources, sans pour autant la détruire sans respect.

Sources

Webographie

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Beuys

https://www.youtube.com/watch?v=e5UXAqpSJDk

Bibliographie

DAVVETAS Démosthènes, Joseph Beuys : La sagesse moderne, Editions Nicolas Chaudin, Belgique, 2013

Image

http://uk.phaidon.com/agenda/art/articles/2012/october/29...

Commentaires

Le Sculpteur Social.

Écrit par : Rémi Mogenet | 15/02/2015

Bien belle vie.
Art thérapie, notamment.
Ecologie non en administrateurs financiers comme tellement trop souvent mais en Artistes.
Serait tellement indispensable pour la formation écologique des enfants.

Joseph Beuys donne le sentiment d'avoir été fort "imprégné" également par les chamanes au long de son parcours... Merci Igor Rodrigues Ramos

Votre texte magnifique se relira.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15/02/2015

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