16/08/2014

Sur la poésie

 

poésie, plume, liberté, science, art, aristote, igor.jpgIl y a de cela de nombreuses lunes, Aristote, dans son premier livre de la métaphysique, avouait déjà que "c'est par l'expérience que la science et l'art font leur progrès chez les hommes". Notons tout de même que ce grand philosophe n'accordait pas la même définition que l’on attribue communément à l'art et à la science de nos jours, en supposant bien sûr qu’aujourd’hui on tombe tous à peu près d’accord sur une seule définition certaine de ces deux termes. Ce qui semble être compliqué. Pourtant, on peut se risquer à avancer que malgré ces divergences d’attributions temporelles et personnelles, cette affirmation semble garder tout son sens envers et contre tout. Il faut croire qu’il y a des choses qui ne vieillissent pas, ou très peu.

On ne peut probablement pas défendre que seule l'expérience soit utile à un scientifique ou à un artiste, ce serait faire preuve de mauvaise foi, mais elle est un outil indispensable à ceux-ci, c'est indéniable. Les deux sont-ils à la recherche de la vérité? Peut-être. Les deux tentent-t-ils de représenter le monde d'une quelconque manière? Peut-être. Beaucoup de chose les différencient et pourtant ils n'ont pas l'air si différent.  De la même façon, on s’aperçoit qu’il y a toutes sortes de sciences et toutes sortes de formes artistiques. Et finalement, tout reste encore à découvrir.

Etymologiquement parlant, le mot « poésie » vient du latin  « poesis » lui-même issu du grec ancien « ποίησις » (poíêsis ) qui signifie l’acte de faire, l’acte de créer. Le poète était donc considéré comme un genre de créateur, d’ailleurs,  étant donné que de nos jours Lavoisier a mis tout le monde d’accord en disant que rien ne se crée et que tout se transforme, disons plutôt du poète qu’il est un transformateur, un manipulateur, un scientifique justement. Que fait le scientifique en réalité ? Il manipule le monde à l’aide d’outils et de théories pour mieux comprendre celui-ci et pouvoir en tirer un maximum de profit.

C’est ainsi que nous manipulons le monde de la poésie, pour tenter de mieux la comprendre, de mieux la cerner, peut-être même, de lui attribuer une définition. Mais là est tout le problème : en tentant d’assigner une limite à la poésie, on est au risque de rejeter beaucoup de poèmes, ce qui peut paraitre absurde. Non, nous n’allons pas tenter de trouver les bornes de la poésie, ce n’est pas le but ni la prétention, et probablement manquons nous de moyens. Non, restons humbles, nous allons tout simplement explorer cet univers de vers, de syllabes, de règles, de liberté. Et oui, parce que la poésie est libre, quiconque essaye de l’enfermer sera pris dans son propre piège.

 

Source image: http://cluster006.ovh.net/~mairierai/event/concours-de-po...

 

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