19/09/2014

Brève introduction au romantisme

 

Caspar_David_Friedrich_-_Wanderer_above_the_sea_of_fog, romantisme, expériences alphabétiques.jpgRomantismes picturaux, musicaux, littéraires et architecturaux sont inséparables, bien que différents selon le medium, l’année, l’artiste et la région. Un romantique allemand ou anglais ne fait nécessairement  pas le même genre de travail qu’un romantique français par exemple, s’il m’est permis de simplifier ainsi.

La question principale est la suivante: qu’est ce qui caractérise tout particulièrement le style romantique, si bien sûr il est juste de parler ainsi ? Difficile à dire. Est-ce un nom donné à un ensemble d’œuvre pour pouvoir en parler, un genre de distinction de raison, ou ces œuvres-là se démarquent-elles vraiment de ce qui se faisait, à tel point que l’on peut parler de distinction réelle ?

 On peut peut-être y retrouver comme une espèce d’unité de fond malgré les diverses manifestations de celui-ci. Pour exprimer cette diversité et ces soi-disant contradictions, certains spécialistes ont préféré même usiter le terme de «  néo-classicisme romantique ».

Alors qu’est-ce qui les réunis tous ? Peut-être cette connivence bien spécifique à l’époque entre les divers genres et mediums. Prenons un exemple concret : Victor Hugo et son célèbre livre « Notre Dame de Paris ». On ne le sait que trop bien, cet ouvrage a d’une certaine façon fait renaitre l’art médiéval de sa tombe et bien que certains parlent d’une victoire du livre sur l’architecture, notamment grâce à lui, l’architecture est devenu une des préoccupations majeurs de ce siècle en France. Je dis cela de manière extrêmement simplifié et vulgaire bien sûr.

En bref, il semble qu’il n’y a pas un seul mais divers romantismes, rien ne sert d’usé un qualificatif unificateur, tout du moins si l’on est plongé dans l’ignorance dans laquelle je suis.

Ici, comme dans les forêts de symboles baudelairiennes, tout se répond et l’écho de l’un résonne dans les abysses de l’autre… et c’est grâce à l’autre que l’on se construit.

Commentaires

Pour Georges Gusdorf, le romantisme consiste à créer une mythologie nouvelle, émanée des profondeurs secrètes de l'âme, dans lesquelles la pensée a pu faire de la lumière. C'est de cette façon que s'exprimaient les romantiques allemands, Novalis et Frédéric Schlegel, et somme toute, cela correspond au vrai romantisme: au Hugo visionnaire, à Nerval dans "Aurélia", à Lamartine dans "La Chute d'un ange", à Wlliam Blake. Gusdorf admet que le romantisme peut aussi se trouver chez Goethe, chez les Préraphaélites, et même chez les Surréalistes, qui en sont au fond une résurgence. Il a aussi ses ramifications dans une science qui prend au sérieux l'imagination pour explorer la part non matérielle de l'univers, comme Goethe l'a fait dans ses études scientifiques, et d'autres Allemands pas très connus en France.

Écrit par : Rémi Mogenet | 19/09/2014

Merci pour ce commentaire fort éclairant ;) !

Écrit par : Igor Rodrigues Ramos | 19/09/2014

Freud était aussi passionné de Goethe.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 19/09/2014

La recherche sur l'inconscient est issue du romantisme, qui la pratiquait déjà, mais en soi la méthode de Freud a quelque chose de néoclassique, l'idée d'une grille de lecture établie rationnellement est contraire au romantisme, Freud penchait vers le scientisme. Goethe lui-même pouvait avoir des aspects classiques, du reste en principe il appartient au classicisme et non au romantisme allemand, mais à cet égard il fait débat, quand on le range dans le romantisme c'est surtout par sa démarche scientifique opposée à Newton, ou par son "Second Faust", dont la publication fut posthume.

Écrit par : Rémi Mogenet | 20/09/2014

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