15/06/2014

Méditation sur le témoignage

source, savoir, connaissance, idée, croyance, épistémologie, épistémologiste, philosophie, transmission, confiance, garrantie, vérité , fausseté, sincère, mensonge, vrai, faux, discusion, penséeIl semblerait que le témoignage est une des sources principales de notre connaissance, tout comme la perception, la mémoire ou encore la raison en règle générale. En effet, peu de choses sont finalement connues de manière complètes et indépendantes, souvent nous sommes bien obligés de faire confiance à nos interlocuteurs.
Pourquoi n'en parle pas-t-on d'avantage alors?
Le témoignage permet aussi de supposer que le savoir porte en lui un aspect social relativement important, bien que traditionnellement en philosophie le savoir est plutôt conçu comme appartenant à l'individu : la philosophie manifeste ici un biais clairement individualiste de la connaissance. Notons tout de même que diverses épistémologies sociales ont été développés malgré cette individualité prononcée.
Peut-on réduire une source de la connaissance comme le témoignage à un savoir individuel, afin de sauver l'individualisme épistémique? Pour Hume par exemple, les croyances formées suite à des témoignages sont justifié si la croyance que nous avons formées suite à des témoignage reposent tout d'abord sur une espèce d'induction dite énumérative: j'ai observé plusieurs fois ce que le témoin m'a dit et j'en conclus qu'en règle générale je peux m'y fier.
 Le problème est de savoir à qui est-ce que je vais faire confiance et à propos de quoi!En effet, il semblerait qu'il  y a des témoins plus ou moins fiables pour parler d'un sujet particulier: pour parler par exemple de la reproduction des fouines, un biologiste, expert sur le sujet, est mieux placé à en parler que moi, qui  n'a de connaissances sur le sujet que via wikipédia. Notons que par habitude tout du moins, nous acceptons aisément que des opinions professionnelles, comme celles d'un expert en ophtalmologie, sur des questions dans leur domaine spécifique sont normalement considérés fiables. Si un médecin vous dit que vous êtes malade, vous remettez rarement son diagnostic en question. Pourquoi? Parce que vous n'êtes pas médecin, contrairement à celui qui vous diagnostique.
 Il y a donc une notion importance de confiance qui rentre en jeu. Il faut espérer que nos interlocuteurs ne se trompent pas, ou peu, tout en espérant aussi que ceux-ci sont sincères, qu'ils ne tentent pas de nous tromper. Il y a donc un problème de vérification permanent au sujet des témoignages de ce type.
On peut aussi se demander s'il est possible de ne pas réduire le témoignage à un savoir exclusivement individuel, sauf que pour cela il faudrait idéalement que la justification pour le savoir acquis par témoignage ne se base pas sur un autre témoignages.
La notion de cohérence peut être utile ici, tout en rejetant l'argument d'un roman cohérent. On peut affirmer qu'il ne semble pas possible que tous les témoignages soient tous faux: une partie et probablement une grande partie, est vraie. Pourrions nous de toute façon communiquer si tout ce que tout le monde dit est faux et mensonger? Je ne crois pas. On est obligé pour vivre en société, de parler souvent sincèrement, tout en cherchant la vérité. Rappelez vous que sincérité et vérité sont deux choses fondamentalement différentes. Un certain Donald Davidson affirme même que la compréhension d'un langage exige que la majorité des croyances d'un individu soient vraies.
On peut donc en conclure qu'une alternative à l'induction énumérative est par exemple l'inférence à la meilleure explication : on peut inférer qu'ûn témoignage est vrai si et seulement si la vérité de ce que l'on nous dit fait partie de la meilleurs explication sur le moment et qu'aucune source fiables ne viennet le contredire.
Une chose est sûre, le témoignage est quelque chose d'important et mérite toute notre attention. La question du témoignage est ainsi une question encore très actuelle.

 

Source image: http://blog.abritel.fr/2012/02/temoignage-proprietaire/

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