01/06/2014

Quel mal y-a-t-il parfois à être dogmatique?

 dogme,dogmatisme,philosophie,thèse,théorie,pensée,idée,monde,extérieur,intérieur,preuve,cerveau dans une cuve,esprit,corpsQuel mal y a t il à être dogmatique? Je ne vous dis pas de croire à tout et n'importe quoi sans raison. Il me semble qu’intuitivement il y a des cas où le dogmatisme ne pose pas de problème. Au contraire, il en résout.

Prenons l'exemple, plutôt célèbre dans le monde philosophique, de la preuve de l'existence du monde extérieur.

Bordel, bande de philosophes de l’inutilité, pourquoi se demander, sérieusement en plus, si le monde extérieur, si toutefois on peut vraiment parler de monde extérieur, existe ? Laissez parler ce genre sceptiques dans le vent, ça ira plus vite! Bon je suis pas vraiment sûr qu'il y a vraiment des gens qui ont soutenu ou qui soutiennent cela sérieusement, je me dis que c'est tout simplement pour l'intérêt de débattre sur ce casse-tête épistémologique, logique et langagier.

Est-ce que vous croyez sincèrement que tout ce que vous percevez n’existe pas vraiment ? Oui je sais, il est possible que l’on soit dans un scénario dit sceptique. Oui, il est possible que l’on soit en fait un cerveau dans une cuve ou encore qu’un malin génie puisse nous plonger dans une illusion stable, qui ne nous permettrait pas de faire la différence entre la réalité et l’illusion, la tromperie quoi. Mais non.

Je ne crois pas que le monde extérieur existe. Je sais intuitivement que le monde existe et tout me porte à rejeter les propositions qui nieraient celle-ci.

On peut même supposer que l’on  est tous un cerveau dans une cuve. Très bien mais même en étant un cerveau dans une cuve, il faut bien que quelqu’un ait foutu mon putain de cerveau dans cette putain de cuve ! Ou bien ? Et même en supposant qu’un malin génie me trompe continuellement et me fasse percevoir des choses en fait inexistantes, si c’est le cas, alors moi j’existe, et comme Descartes, je suis capable de penser et de douter. Même si ce que je perçois est sans cesse une tromperie pour mes fragiles sens et ma raison malade, peu importe le scénario, comme Descartes, si j’ai la possibilité d’affirmer que moi-même j’existe ou que j’existe potentiellement, et qui si j’existe il y un monde pour soutenir mon existence, auquel j’appartiens et que si mon existence est potentielle c’est qu’il y a un monde potentiel pour la soutenir.

Et le monde extérieur, ça veut dire quoi exactement ? Traditionnellement, on peut simplement le définir en tant qu’un monde qui n’a pas besoin d’être perçu pour exister. Lorsque je ferme les yeux et que je ne vois plus la pierre qui est devant moi, je peux supposer aisément que lorsque je vais les ouvrir à nouveau cette pierre sera toujours là, à moins que Pierre ne l’ai déplacé lorsque je ne la regardais pas. En gros, interprété ainsi, le monde extérieur est le monde extérieur à notre esprit, perçu par nous, celui dont nous sommes conscients, celui qui ne dépend ontologiquement pas de nous.

Selon moi le monde extérieur, selon la brève description que je viens d’en faire, est une expression vide de sens dans la mesure où elle ne renvoi à rien ou à quelque chose de partiel. Elle est vide de sens car ce n’est pas parce que je suis un sujet unique, distinct des autres sujets et des autres éléments qui composent l’univers, que je ne fais pas parti du monde. Il n’y a pas le monde extérieur et le monde intérieur, il y a juste le monde. Nous sommes juste des sujets percevant ce qui nous entourent, nous composons ce tout que nous nommons l’univers et sommes relié au reste. On le voit à chaque instant : nous avons besoin de manger, de dormir, d’aimer, de découvrir et j’en passe. Ne me dites pas que vous ne vous sentez pas lié au monde, vous mentiriez ou au mieux vous vous tromperiez. Notre esprit lui-même est donc dans le monde et si nous avons l’impression qu’il y a un monde extérieur c’est tout simplement parce que les autres n’ont pas accès à que l’on pense et vice-versa.Heureusement.

En bref, le fait de pouvoir se questionner sur la possibilité d’un monde extérieur, bien que cette expression ne fasse référence à rien selon moi de concret et de complet, permet de démontrer que le monde existe.

Tout simplement.

Allez les sceptiques acharnés il est maintenant l’heure de me traiter de mauvais philosophe ou de philosophe du sens commun ! Et puis quoi ? Quel est le problème à être parfois dogmatique ?

Le monde existe, c’est tout, et il continuera d’exister même quand vous ne le percevez plus.

Et si dans ce cas débile, il est légitime et justifié d'adopter une attitude dogmatique, pourquoi pas dans d'autres?

 

Source image: http://eltexperiences.blogspot.ch/2011/09/dogme-elt-disse...

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